L’armée israélienne a publié samedi des images rares de ses médecins effectuant une procédure de sauvetage sur le plateau du Golan de l’un des combattants syriens les plus gravement blessés, selon une évaluation du médecin en chef de Tsahal de la région.

L’homme, un rebelle syrien appartenant à une organisation de lutte contre le régime d’Assad et ses alliés, a reçu un traitement à la frontière puis à l’intérieur d’Israël, et a finalement pu retourner en Syrie.

L’armée israélienne a érigé un hôpital de campagne à la frontière syrienne, et traite également des centaines de blessés de la guerre civile syrienne dans les hôpitaux à l’intérieur d’Israël.

Le blessé a été transféré dans un lieu inconnu le long de la frontière de la Syrie avec Israël par des forces rebelles qui travaillent en collaboration avec l’armée israélienne. Il a été traité par des médecins de la brigade d’infanterie Givati.

Le rebelle syrien, qui souffrait d’une blessure par balle à l’estomac et d’éclats d’obus sur une grande partie de son corps, était dans un état critique et a été plus tard évacué vers un hôpital civil israélien dans la région.

« J’ai vu beaucoup de blessures graves dans le passé, mais je dois souligner que ce fut l’une des pires », a déclaré le lieutenant-colonel Dr Itzik Malka, directeur médical de la région, selon un article de Ynet, qui comportait également la séquence vidéo (en hébreu).

« Je n’aurais jamais cru que quelqu’un dans son état puisse nous arriver vivant », a déclaré le lieutenant-colonel.

Suite à la chirurgie, le rebelle est retourné en Syrie après un temps de récupération non précisé, selon l’article.

Depuis le début de la guerre civile en 2011, l’armée israélienne a traité environ 1 600 non combattants et rebelles anti-Assad.

Des incidents comme ceux-ci étant devenus un phénomène apparemment quotidien des soldats et des professionnels de la santé en poste dans les hauteurs du Golan, la brutalité du conflit de quatre ans aurait affecté un grand nombre de concernés.

« [Le traitement des blessés ici] me touche personnellement profondément… en tant que père de deux enfants, » dit Malka. « Surtout quand nous traitons un enfant gravement blessé… nous espérons toujours que les enfants se remetteront de leurs blessures. »

Si le fait qu’Israël des militants syriens – dont beaucoup appartiennent à coup sûr à des organisations islamistes comme le Front Al-Nosra affilié à Al-Qaïda – puisse sembler étrange vu l’animosité exprimée par ce type de groupes envers l’Etat juif dans le passé, Israël aborde la question d’un point de vue humanitaire.

Malka a été prompt à souligner que la majorité des Syriens traités en Israël sont des femmes, des enfants, des non-combattants et des personnes âgées.

Il maintient que le pays joue un rôle exclusivement humanitaire dans le conflit, même si les blessés sont parfois des combattants.

« Avant, [les rebelles syriens traités en Israël] étaient terrifiés, mais que de plus en plus de gens rentrent chez eux et parlent de leur séjour en Israël et du traitement qu’ils ont reçu, puis commencent peu à peu à changer d’opinion [sur Israël], » affirme-t-il.