Le commandant de la Division de Cisjordanie de l’armée a suspendu temporairement l’utilisation de l’unité canine jeudi après avoir terminé une enquête sur l’incident récemment publié dans lequel un groupe de soldats lâche un chien sur un Palestinien lanceur de pierres en décembre.

L’armée a considéré que la conduite des soldats était professionnellement inacceptable et immorale.

Le général de brigade Tamir Yedai, chef de la division de Cisjordanie, a qualifié l’incident de « grave » et a déclaré que la manière dont les chiens ont été utilisés « témoigne d’un bas niveau de professionnalisme » et d’une « conduite morale inappropiée ».

Le 23 décembre dans l’après-midi, un groupe de Palestiniens du village de Beit Umar, au nord d’Hébron, s’est opposé aux soldats de l’armée dans une zone près de l’implantation de Karmei Zur. Hamza Abu-Hashem, âgé de 16 ans, a lancé des pierres aux soldats, et un maître chien de l’armée de l’unité canine d’Oketz a reçu l’ordre de lâcher son chien sur Abu-Hashem qui a été pris dans les mâchoires du chien. Il été ridiculisé et puni par les soldats.

L’incident a été révélé par l’organisation des droits de l’homme B’Tselem, et probablement filmé par les soldats de terrain, mais c’est seulement quand l’ancien député très à droite Michael Ben-Ari a téléchargé les images de l’incident sur sa page Facebook que cela a pris de l’ampleur.

« Les soldats donnent une leçon à ce petit terroriste. Partagez-la ! Pour que chaque petit terroriste qui prévoit de nuire à nos soldats apprendra qu’il y a un prix à payer », a écrit Ben Ari.

Yedai, qui a soumis les résultats de l’enquête au commandant général GOC, le major Général Nitzan Alon, a conclu que les chiens ont été utlisés contrairement aux ordres donnés par le commandant de la brigade. Il a affirmé que les chiens, lorsqu’ils sont utilisés normalement, jouent un rôle important dans la lutte contre le terrorisme dans la région.

Néanmoins, étant la gravité de l’incident, Yedai a ordonné que les troupes dans toute la Cisjordanie cessent temporairement de travailler avec les chiens jusqu’à ce que les directives professionnelles « soient à nouveau apprises ».

En outre, il a ordonné que l’on utilise les chiens seulement avec l’autorisation d’un commandant de brigade, avec le grade de colonel, et a déclaré qu’une mesure disciplinaire serait prise contre les soldats.

Le porte-parole de l’unité de l’armée a souligné qu’une enquête de la police militaire, examinant un possible comportement criminel, est en cours.

B’Tselem, qui a déclaré avoir porté plainte contre l’armée environ 10 fois pour l’utilisation de chiens contre des civils, a écrit dans une déclaration que l’enquête interne [de l’armée] dans de telles circonstances se concentre seulement sur comment les chiens ont été utilisés et pas sur le fait de savoir s’ils doivent être utilisés ou non ».