Un millier de personnes, parmi lesquelles une demi-douzaine de ministres belges et les représentants des cultes musulman et chrétiens de Belgique, ont rendu hommage, lundi soir à la synagogue de Bruxelles, aux victimes de la tuerie du musée juif de cette ville.

Encadrée par des mesures de sécurité draconiennes, cette cérémonie entendait lancer un signal d' »ouverture entre toutes les composantes de la communauté nationale », mais aussi un appel à la « vigilance pour défendre la démocratie commune », a souligné à la tribune Philippe Markiewicz, président de la communauté israélite de Bruxelles.

Dans une synagogue « pleine à craquer » comme l’a relevé le grand rabbin de la ville, Albert Guigi, la classe politique belge était notamment représentée par le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Mme Joelle Milquet, aux côtés de ses collègues de la justice et de la culture, tandis que sur les bancs réservés aux hommes, le chef de la diplomatie Didier Reynders côtoyait le maire d’Anvers et chef des nationalistes flamands, Bart De Wever.

Les dirigeants de l’Exécutif des musulmans de Belgique, instance officielle du culte musulman dans ce pays, ainsi que le Président de l’Union des mosquées, avaient aussi répondu à l’invitation de la communauté juive, aux côtés du Primat de Belgique, pour les catholiques, et du président de l’Eglise protestante.

Simple et sobre, la cérémonie s’est ouverte, après l’allumage d’une bougie à la mémoire des victimes – un couple israélien et une retraitée française tués, et un jeune employé belge en état de mort cérébrale – par la récitation de la profession de foi juive Chema Israël. Elle s’est conclue, après de brefs discours, sur le Kaddish, la prière des morts du judaïsme, et la Brabançonne, l’hymne national belge.

La cérémonie s’est déroulée sur fond de « soulagement » de la communauté après l’arrestation vendredi en France du tueur présumé, un Français au profil djihadiste, a souligné à l’AFP le grand rabbin de Bruxelles. « Nous éspérons que c’est bien lui », a-t-il ajouté.