Les représentants des Etats-Unis à la cérémonie vendredi en Tunisie pour célébrer sa nouvelle Constitution se sont retirés pendant le discours du représentant iranien pour protester contre de « fausses accusations » à l’encontre de leur pays, selon l’ambassade américaine à Tunis.

Le président du Parlement iranien, Ali Larijani, a accusé devant l’Assemblée constituante tunisienne les Etats-Unis et Israël d’avoir cherché à faire échouer les révolutions arabes.

« Ce qui devait être une cérémonie honorant les réalisations de la Tunisie a été utilisé par le représentant de l’Iran en tant que plate-forme pour dénoncer les Etats-Unis », a affirmé l’ambassade dans un communiqué.

« Les représentants des États-Unis présents à l’Assemblée nationale Constituante ont quitté la cérémonie de la constitution en raison des fausses accusations et des commentaires inappropriés formulés par le représentant iranien concernant les Etats-Unis », a-t-elle ajouté.

Les Etats-Unis avaient envoyé pour la cérémonie de Tunis William Roebuck, le sous-secrétaire d’Etat aux affaires du Maghreb et de l’Egypte.

M. Larijani a affirmé, selon une traduction en arabe de ses propos, qu’Israël et les Etats-Unis « ont essayé de rendre ces révolutions [arabes] stériles et de les faire dévier de leur cours afin [qu’Israël] en tire profit ».

« Ce que l’Iranien a dit dans son discours n’a pas plu aux Américains. On peut se mettre à leur place […] mais chacun est libre de sa position », a estimé l’élu tunisien Selim Ben Abdesslem, jugeant « inconcevable de dicter aux différents Etats leurs discours ».

La Loi fondamentale tunisienne a été adoptée le 26 janvier à l’issue de plus de deux ans de débats houleux et de crises politiques, puis signée par les dirigeants tunisiens le lendemain, trois ans après la révolution qui a renversé le président Ben Ali.