Un couple s’embrassant dans sa voiture près de la capitale tunisienne a été condamné la semaine dernière à plusieurs mois de prison après avoir été reconnu coupable d’indécence publique, d’intoxication et d’insulte envers un fonctionnaire public.

Nassim Ouadi, un homme d’affaires franco-algérien de 33 ans originaire de Provence, a été condamné à une peine de quatre mois et demi, selon son avocat, alors que sa petite amie, une Tunisienne de 44 ans dont le nom n’a pas été cité, a été condamnée à trois mois de prison. Deux mois de chacune des peines ont été attribués pour violation de la décence publique.

L’affaire a été largement condamnée sur les réseaux sociaux, où les utilisateurs ont écrit « choquant » et « honte », et d’autres ont suggéré de rester loin du pays où « nous emprisonnons les gens pour les baisers en public. »

Détaillant l’affaire sur Facebook en français, l’avocat Ghazi Mrabet a expliqué que Ouadi et sa petite amie avaient commandé une bière vers minuit avant de partir en voiture vers 2h00. Ils s’étaient arrêtés pour discuter de la route et après environ deux minutes, une voiture de police est arrivée et leur a demandé leur pièces d’identité.

La femme a donné la sienne, mais Ouadi – qui ne parle pas arabe – a été insulté par le policier et plaqué au sol.

Après avoir remis son passeport, qui était dans une valise dans le coffre, la police a vérifié tous les bagages, puis a examiné la voiture, soulevant jusqu’aux tapis.

Le couple a été emmené au poste de police avant d’être libéré 20 minutes plus tard, lorsque Ouadi a dit aux policiers : « Vous pensez que ça va s’arrêter là ? Je veux vos noms et vos immatriculations. J’ai l’intention d’en parler à mon ambassade. »

Ouadi a ensuite été accusé d’outrage à un fonctionnaire public, d’attaque indécente et de refus d’obtempérer.

Le site d’information Eye Middle East a cité Mrabet, qui a défendu des rappeurs tunisiens et des jeunes accusés de fumer du cannabis par le passé, disant qu’il était surpris par « la rapidité du jugement », mais aussi « les nombreux défauts de procédure » lors de l’arrestation.

En juillet, Human Rights Watch avait annoncé avoir regroupé « un ensemble de cas contre les personnes qui ont déposé une plainte ou ont annoncé leur intention de le faire, après que des policiers auraient été insultés, arbitrairement arrêtés ou agressés. »

« Les personnes qui allèguent des abus se retrouvent confrontées à des accusations d’insultes à un agent public pendant l’exercice de ses fonctions, et sont passibles de jusqu’à un an de prison. »