Les autorités turques ont interpellé dans la province de Gaziantep (sud), frontalière de la Syrie, 19 personnes présentées comme des militants du mouvement terroriste sunnite de l’Etat islamique (EI), a annoncé jeudi le gouverneur local.

« La procédure ouverte contre ces 19 suspects se poursuit, ils ont été placés en détention », a déclaré Erdel Ata, cité par l’agence de presse privée Dohan.

Pour la plupart originaires d’Europe ou de la région du Caucase, ces militants ont été arrêtés à l’aéroport de Gaziantep ou à proximité de la frontière avec la Syrie.

M. Ata a profité de sa conférence de presse pour catégoriquement démentir la présence dans sa province de bases arrière de l’EI, assurant que les autorités turques faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour démanteler ses réseaux.

« La police et les forces de sécurité sont particulièrement vigilantes à ce sujet », a-t-il dit.

Le gouverneur a également qualifié de fausses une récente série de photos présentées comme celles d’un camp de l’EI installé dans sa province.

« Nous n’avons pas de camp dans notre province, sa présence (…) est totalement impossible », a insisté M. Ata, « j’ai vu ces photos qui représentent trois ou quatre maisons et trois personnes en train de franchir des barbelés, elles auraient pu être prises absolument n’importe où ».

La Turquie est régulièrement accusée d’avoir aidé certains groupes armés radicaux qui combattent le régime du président syrien Bashar el-Assad, dont l’EI, mais elle l’a toujours farouchement nié. Son territoire constitue le principal point d’entrée en Syrie des militants qui rejoignent les mouvements djihadistes.

Très actifs dans le nord de la Syrie, ses combattants occupent désormais de larges portions du territoire irakien.

Les militants de l’EI détiennent 49 Turcs, pris en otages au cours de la prise du consulat général turc de Mossoul (Irak), en juin.

La lutte contre l’EI doit figurer au menu des discussions prévues entre le nouveau président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue américain Barack Obama en marge du sommet de l’Otan qui s’est ouvert jeudi au Pays de Galles.