Tzipora Jochsberger, fondatrice du Kaufman Music Center à New York et directrice de l’Académie Rubin de musique et danse en Israël, est décédée.

Jochsberger, compositrice, musicologue et professeur a survécu à la Shoah grâce à son talent en musique. Elle est décédée le 29 octobre à Jérusalem à l’âge de 96 ans, a annoncé le Centre de Musique Kaufman.

Lydia Kontos, qui a succédé à Jochsberger en tant que directeur exécutif du centre en 1985, a annoncé son décès.

« Travailler avec Tzipora m’a appris à croire que tout est possible si vous avez une mission envers laquelle vous êtes engagé », a déclaré Kontos.

Jochsberger est née en Allemagne en 1920, a étudié la musique dès l’âge de 8 ans et, en 1934, a rejoint le Séminaire des Professeurs Juifs de Wüerzberg, l’une des rares écoles d’enseignement supérieur disponibles pour les Juifs d’Allemagne.

En 1939, elle quitte l’Allemagne nazie en acceptant une invitation de l’Académie palestinienne de musique pour étudier à Jérusalem. Ses parents sont restés en Allemagne et ont ensuite été déportés à Auschwitz, où ils sont morts. Les archives des femmes juives ont qualifié son admission à l’Académie de Palestine de « bonne chance qui lui a finalement sauvé la vie ».

Elle obtient son diplôme en 1942 de l’Académie de musique de Palestine et une autre du Séminaire des professeurs de musique à Jérusalem. Elle a obtenu une maîtrise en 1956 et un doctorat en musique sacrée en 1972 du Séminaire Théologique Juif à New York.

Dans les années 1940, Jochsberger a créé un programme de musique pour les filles arabes au séminaire des enseignantes pour filles arabes sous mandat britannique de Palestine. En 1947, elle a été élue directrice du Conservatoire de la Nouvelle Jérusalem et de l’Académie de Musique, plus tard connue sous le nom d’Académie Rubin, où elle dirigeait le programme musical de l’école. Maintenant connue sous le nom de l’Académie de musique de Jérusalem, elle est située sur le campus de Givat Ram de l’Université hébraïque de Jérusalem.

Elle a quitté Israël pour les États-Unis en 1950 avec l’aide du Département de la Culture de l’Agence Juive à New York, où elle prévoyait d’utiliser la musique pour renforcer l’identité juive.

Elle a fondé l’école d’art hébraïque en 1952 avec 16 élèves dans deux salles de classe empruntées à l’école Ramaz avec l’aide de Moshe Davis, en charge du séminaire théologique juif et président de la Fondation Hébraïque des Arts.

L’école a doublé de taille au cours des deux premières années et le Centre de Musique Kaufman est devenu une institution majeure de la ville, abritant le Hall de Concert Merkin, une école d’art communautaire et une école publique de New York pour les enfants doués pour la musique. Elle a servi comme chef du centre pendant 33 ans jusqu’à sa retraite en 1985.

Après sa retraite, Jochsberger est retournée en Israël et a fondé le Projet de l’Héritage de la Musique d’Israël, qui a produit la série vidéo primée en 10 parties « Un peuple et sa musique » illustrant la musique et les modes de vie des communautés juives en Israël.

Jochsberger, qui a perdu la plupart de sa famille pendant la Shoah et qui ne s’est jamais mariée, a composé de la musique en Israël et aux États-Unis, y compris des œuvres chorales juives, ainsi que de la musique pour piano, flûte à bec, violon, musique de chambre.