Avec seulement 1 % des voix aux élections européennes dimanche, Udo Voigt est le premier élu néonazi allemand à faire son entrée au Parlement européen.

Fils d’un membre des sections d’assaut (SA) du parti nazi, Udo Voigt, 62 ans, s’est vu condamner il y a dix ans pour avoir qualifié Adolf Hitler de « grand homme d’Etat ».

Par le passé, cet homme aux cheveux et à la moustache poivre et sel a également remis en cause l’ampleur de la Shoah, réclamé la restitution des terres allemandes perdues après 1945 ou encore appelé les électeurs au « combat armé » avant des élections législatives, propos qui lui avaient également valu une condamnation.

Parmi ses nombreuses autres provocations: une affiche de campagne le montrant chevauchant une moto et ce
slogan : « plein gaz ! » accrochée notamment devant le Musée juif de Berlin peu avant un scrutin local en 2011…

Ancien président du Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD) pendant 15 ans, ce technicien aéronautique diplômé en sciences politiques a mené la liste de cette formation ouvertement raciste, antisémite et révisionniste au scrutin européen.

Malgré le score médiocre enregistré par son parti dimanche, il siègera à Bruxelles, grâce à une réforme du système électoral allemand instaurant une représentation purement proportionnelle aux élections européennes, sans seuil minimum à atteindre.

Il s’agira pour cet homme originaire de l’Ouest de l’Allemagne mais installé à Berlin de son premier mandat d’élu.

Son parti, créé en 1964 notamment par d’anciens fonctionnaires du parti nazi, fait l’objet d’une procédure judiciaire en vue de son interdiction en Allemagne à la suite d’une série de crimes racistes commis par des proches du NPD.

« Nous voulons une Europe des patries et non pas (une Europe) qui soit sous la férule des dictateurs bruxellois », a commenté M. Voigt, entré à 16 ans au NPD, sur le site de son parti.

Il veut mener des discussions avec d’autres députés européens d’extrême droite, peut-être avec les élus d’Aube dorée, les néonazis grecs.

Pour ces élections européennes, le NPD a notamment fait campagne en réclamant « de l’argent pour Mamie, pas pour les Roms ».

A la tête du NPD de 1996 à 2011, Udo Voigt a connu un indéniable succès, faisant tripler les effectifs du parti et l’implantant durablement dans certaines parties de l’ex-RDA. Marginalisé au niveau national, le mouvement néonazi compte quelques élus régionaux dans ces territoires déshérités.

Voigt avait tenté de « polir » l’image de son parti en priant les crânes rasés de rester en coulisse tandis que lui apparaissait toujours en costume.

Il avait été « renversé » il y a trois ans à la suite de luttes internes fratricides dont l’extrême droite allemande est coutumière.

Par le passé, un autre parti allemand classé à l’extrême droite, les Republikaner, avait déjà envoyé des députés au parlement européen, mais il n’était pas étiqueté comme néonazi.