La commission permanente du conseil régional d’Ile-de-France a voté mercredi un amendement du Front de Gauche rétablissant le principe des déplacements à Auschwitz pour les élus des « groupes politiques représentant les forces politiques républicaines et démocratiques », hors FN, mais pas dans le cadre de voyages de lycéens, a-t-on appris de sources concordantes.

La région Ile-de-France, présidée par Valérie Pécresse (LR), a décidé la semaine dernière qu’aucun groupe politique n’accompagnerait désormais les voyages de lycéens franciliens à Auschwitz, après l’inscription pour la première fois à un tel voyage de deux élus FN, estimant qu’un tel déplacement pouvait « légitimement susciter le trouble ».

Les élus FN du conseil régional ont annoncé jeudi qu’ils portaient plainte pour « discrimination à raison des idées politiques ».

Les autres groupes politiques, tout en justifiant l’exclusion des élus frontistes, ont regretté que la Région prive tous les autres groupes de ce voyage.

Le Front de gauche a présenté mercredi un amendement prévoyant que la région « s’engage, dans le cadre du partenariat avec la Fondation du mémorial de la Shoah, à faciliter le déplacement au camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau des élus et collaborateurs de groupes représentant les forces politiques républicaines et démocratiques de l’assemblée régionale ».

Cet amendement a été adopté, notamment avec les voix de la majorité régionale LR-Modem-UDI. PS et FN n’ont pas participé au vote.

Mais l’amendement ne concerne pas l’accompagnement des voyages des lycéens, pour lesquels « il n’y aura plus d’élus des groupes politiques », mais seulement des membres de l’exécutif, pour préserver « la sérénité des déplacements », a précisé la Région, indiquant que la présence d’élus n’était jusqu’à présent « qu’une tolérance » de l’exécutif.

« Il faut voir dans le vote de cet amendement une première pierre visant à rétablir le principe des déplacements conjoints des lycéens et des élus », a estimé la présidente du Front de Gauche, Céline Malaisé, dans un communiqué.

Le FN a dénoncé un amendement « scélérat : que la gauche communiste le propose n’est pas étonnant, mais en s’y associant, Valérie Pécresse et les élus ‘républicains’ se déshonorent », a-t-il dit dans un communiqué, estimant que la présidente de région « instrumentalisait honteusement la Shoah » pour « mettre en place des combines politiciennes et sectaires ».

Il annonce que des « plaintes pénales et des recours administratifs seront déposés ».