WASHINGTON (JTA) — David Cohen, ancien directeur adjoint de la CIA, a déclaré que la décision envisagée par le président américain Donald Trump de donner pour mission à une équipe de justifier le retrait de l’accord iranien pouvait constituer un « grave danger » pour la capacité de son pays à faire face aux menaces internationales.

« La demande annoncée par le président pour mettre en avant des renseignements qui soutiendraient sa préférence politique en vue d’un retrait de l’accord du nucléaire iranien risque de politiser l’analyse des renseignements, avec des conséquences graves non seulement en matière de prise de décisions pour la sécurité nationale, mais aussi pour notre capacité à traiter une large gamme de menaces internationales », a déclaré Cohen, qui a quitté le poste de numéro 2 de la CIA en janvier, dans une lettre ouverte publiée vendredi par le Washington Post.

Le mois dernier, Trump a confirmé que l’Iran respectait l’accord de 2015 négocié par le président Barack Obama. Mais il l’a fait avec réticence, à la demande de son conseiller à la sécurité nationale, H.R. McMaster, de son secrétaire à la Défense, James Mattis, et de son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson. Ils ont fait valoir qu’un refus de confirmer l’accord conduirait à un éloignement des alliés des Américains, car l’Iran respecte réellement les restrictions imposées par l’accord.

Pourtant, quelques jours après avoir donné sa confirmation, Trump aurait chargé un comité spécial, dirigé par son conseiller stratégique, Stephen Bannon, de trouver une raison de ne pas confirmer l’accord avec l’Iran lors de la prochaine évaluation dans 90 jours, en octobre. Trump pense que l’Iran ne respecte pas « l’esprit » de l’accord parce qu’il continue à tester des missiles, fait preuve d’aventurisme militaire et soutient le terrorisme – des domaines qui ne concernent pas l’accord.

Le président américain Donald Trump s'adresse aux personnels militaires et aux familles sur la base aérienne de Sigonella après le sommet des chefs d'état et de gouvernement du G7, le 27 mai 2017, près de Taormina en Sicile (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le président américain Donald Trump s’adresse aux personnels militaires et aux familles sur la base aérienne de Sigonella après le sommet des chefs d’état et de gouvernement du G7, le 27 mai 2017, près de Taormina en Sicile (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Cohen, avant d’être nommé par Obama directeur adjoint de la CIA en 2015, dirigeait le bureau du Trésor qui s’occupait des sanctions sur l’Iran. Il a déclaré, dans sa lettre ouverte, que la véritable lutte pour inciter les autres nations à sanctionner le régime iranien a été gênée par le coup porté à la réputation des renseignements américains après la guerre en Irak, quand il a été révélé que les analyses des agences de renseignement affirmant que l’Irak disposait d’armes de destruction massive – un des prétextes clefs de cette guerre – étaient fausses.

« Quand j’ai voyagé dans le monde pour rassembler du soutien pour des sanctions contre l’Iran en présentant des renseignements (avec une autorisation, bien sûr) sur le progrès du programme nucléaire iranien, la gueule de bois après l’échec de renseignements sur l’Irak était palpable, a-t-il écrit. Mais puisque nos renseignements sur l’Iran étaient incontestablement sérieux, nous avons pu persuader des dizaines de pays de travailler avec nous pour faire pression sur l’Iran. »

On considère que les sanctions contre le régime, que Cohen a aidé à mettre en place, ont forcé l’Iran à revenir à la table de négociations pour travailler sur un accord.

Cohen fait partie de la poignée de Juifs américains parvenue au sommet de la communauté des renseignements américains.