Le procureur général Yehuda Weinstein a notifié mardi à l’ancien grand rabbin ashkénaze Yona Metzger qu’il allait devoir faire face à un procès pour des soupçons de corruption passive, blanchiment d’argent et autres malversations – sous réserve d’une audience préalable au procès.

Dans son communiqué, Weinstein a dit avoir accepté la recommandation du procureur de l’État qui demandait l’inculpation de Metzger. L’ancien grand rabbin est soupçonné d’avoir accepté environ dix millions de shekels (2,28 millions d’euros) en pots-de-vin, dont sept millions de shekels (1,5 millions d’euros) pour lui-même.

Metzger avait démissionné le 24 juillet 2013, après dix années en poste. Il avait été arrêté le mois précédent et interrogé en relation avec les allégations, mais avait été libéré sans inculpation.

L’Unité nationale des fraudes de la police a ouvert une enquête l’année dernière qui s’est poursuivie pendant plusieurs mois et qui examina des escroqueries présumées impliquant des millions de shekels. Le dossier a été remis au bureau du procureur du district de Jérusalem, qui l’a examiné avant de le passer en août dernier à Weinstein, qui a le dernier mot concernant les inculpations.

Selon la Dixième chaine, l’enquête policière a révélé qu’avec sa sœur de Haïfa, Metzger avait dissimulé 150 000 euros, et que 40 000 shekels (10 000 euros) en espèces avaient été trouvés dans divers livres lors d’une perquisition à son domicile. A l’époque, Metzger avait soutenu que l’argent de Haïfa venait d’un héritage, mais l’enquête a révélé que cela n’était pas vrai.

Selon les allégations, divers organismes sans but lucratif liés au rabbin ont reçu durant son mandat des millions de shekels en dons, dont certains auraient été détournés par Metzger pour son propre usage personnel.

En plus d’avoir profité de dons à des œuvres charitables, il est également soupçonné d’avoir pris des pots-de-vin pour exercer des pressions sur des questions liées à son poste de grand rabbin.

Israël a deux grands rabbins, un ashkénaze et un séfarade dont les responsabilités incluent la gestion des tribunaux rabbiniques et la supervision de la réglementation de l’industrie alimentaire.

Metzger a été élu à cette prestigieuse fonction en 2003, grâce au soutien de la principale autorité rabbinique ultra-orthodoxe de l’époque.

En 2005, il avait déjà été interrogé – il était soupçonné d’avoir reçu des prestations d’un hôtel de Jérusalem en échange d’avantages. La police avait recommandé qu’il soit jugé pour fraude et abus de confiance.

Mais le procureur général de l’époque, craignant une poursuite infructueuse, avait décidé de ne pas l’inculper

Il avait par contre rédigé un rapport cinglant sur Metzger, l’accusant de mentir à la police et recommandant qu’il démissionne immédiatement.