La police a arrêté mardi matin un ancien ministre pour interrogatoire sur des soupçons selon lesquels il aurait reçu pris des pots de vin en échange d’influence dans des appels d’offres gouvernementaux liés à son ministère, pour des montants de plusieurs millions de shekels.

Plusieurs de ses collaboteurs ont également été interrogés.

Les autorités ont déclaré qu’elles avaient fouillé les maisons d’un certain nombre de suspects et confisqué des ordinateurs et des documents.

La police a déclaré que les allégations portaient sur la période pendant laquelle le ministre avait servi au gouvernement, entre 2009 et 2013. L’enquête a été réalisée en secret au cours de la dernière année avant d’être rendue publique mardi.

Les médias israéliens rapportent que l’ancien ministre sera interrogé à l’unité anti-corruption de la police Lahav 433 à Lod dans les prochaines heures. Les enquêteurs devront alors décider de le faire comparaître devant un tribunal ou de le libérer sous condition.

Les enquêtes concernant des ministres, des députés et même des Premiers ministres pour corruption ou d’autres accusations criminelles ne sont pas rares en Israël.

Une étude publiée en décembre par Transparency International a classé Israël comme le 36e pays le moins corrompu – selon la perception du public – sur 177 , soit une hausse de trois points depuis la dernière étude, mais il arrive seulement comme 23e le moins corrompu parmi les 34 pays membres de l’OCDE.

Le sondage a également révélé que les Israéliens estiment que les partis politiques, les institutions religieuses et les fonctionnaires sont parmi les institutions les plus corrompues du pays.

79 % des répondants estiment que les partis politiques sont corrompus ou extrêmement corrompus, 73 % estiment que les institutions religieuses étaient corrompues, et 60 % que les fonctionnaires sont corrompus.

En juin dernier, l’ancien député travailliste Binyamin Ben-Eliezer a retiré sa candidature à la présidence d’Israël trois jours avant l’élection, pour des allégations de malversations financières.

En mai, l’ancien Premier ministre Ehud Olmert a été condamné à six ans de prison, deux ans avec sursis, et à une amende d’un million de shekels pour son implication dans un scandale de corruption dans la construction du complexe immobilier Holyland à Jérusalem

Un juge a affirmé ce lundi à Olmert et aux autres personnalités condamnées dans cette affaire que leur incarcération était repoussée pendant le temps de la procédure d’appel.

Le ministre des Finances Avraham Hirchson (Likud/Kadima), qui a servi dans le gouvernement d’Olmert, a été emprisonné en 2009 pour avoir détourné des millions d’un syndicat qu’il avait dirigé. Il a été libéré en janvier 2013 pour bonne conduite, près de deux ans avant la fin de sa peine de cinq ans. Hirchson avait également été condamné à payer une amende de 450 000 shekels.

Aryeh Deri, chef du grand parti ultra-orthodoxe Shas, a été emprisonné près de deux ans en 2000 pour corruption.

Shlomo Benizri du parti Shas a été emprisonné en 2009 après avoir été reconnu coupable de corruption passive quand il était ministre du Travail et des Affaires sociales en 2002 et 2003, il était en prison deux ans et demi sur une peine de quatre ans.

L’ancien président Moshe Katsav a été reconnu coupable en 2011 de viol, d’agression sexuelle et de harcèlement sur plusieurs femmes employées au cours de ses fonctions de ministre du tourisme et de président. Il a été condamné à sept ans de prison, et a depuis mené des campagnes sur différents fronts pour sa libération. En 2012 et en 2014, il a perdu ses appels pour un nouveau procès.

Parmi les anciens hauts responsables condamnés pour des crimes on compte Haim Ramon de Kadima (crime de caractère sexuel), Gonen Segev de Tzomet (contrebande, contrefaçon et fraude), Naomi Blumenthal du Likud (entrave à la justice et corruption) et Yair Levy (détournement de fonds) et Ofer Hugi (falsification et fraude), tous deux du Shas