Un influent religieux iranien, l’ayatollah Ahmad Janati, a mis en garde vendredi contre les efforts de « certains » pour rétablir des liens diplomatiques avec Washington, estimant qu’ils seraient vains.

« Certaines personnes ont créé un réseau clandestin pour établir des relations avec l’Amérique », a déclaré l’ultraconservateur Ahmad Janati lors de la prière du vendredi à Téhéran, un sermon diffusé par les médias d’Etat.

« Notre peuple est anti-américain, vous devriez aussi être anti-américains, pourquoi prenez-vous un autre chemin », a-t-il lancé à l’adresse des individus qui seraient derrière ces tentatives.

« Tant que notre peuple et notre guide suprême ne le veulent pas, vos efforts seront vains », a ajouté l’ayatollah, qui dirige le Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de superviser les élections et d’interpréter la Constitution.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a le dernier mot dans toutes les affaires de l’Etat, dont les politiques étrangère et nucléaire.

Les propos d’Ahmad Janati ont été accueillis par des « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël » de milliers de personnes réunis pour la prière.

Les propos d’Ahmad Janati ont été accueillis par des « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël » de milliers de personnes réunis pour la prière

L’Iran et les Etats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques en 1980 après une prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran par des étudiants islamistes.

Les contacts publics entre les deux pays se sont néanmoins renforcés depuis l’élection en juin 2013 du président modéré Hassan Rouhani qui a multiplié les ouvertures envers l’Occident.

Le développement le plus notable a été un contact téléphonique en septembre entre M. Rouhani et son homologue américain Barack Obama, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

L’ayatollah Khamenei avait cependant qualifié de « déplacé » une partie de ce qui s’était passé lors de ce voyage.

Les ministres des Affaires étrangères des deux pays Mohammad Javad Zarif et John Kerry se sont en outre rencontrés à plusieurs reprises.

Un des sujets de désaccord entre les deux pays porte sur le programme nucléaire iranien.

Les Etats-Unis, comme d’autres pays occidentaux et Israël, accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.

Une percée dans ce dossier a été réalisée le 24 novembre dernier, lorsque l’Iran a conclu avec les grandes puissances un plan d’action prévoyant un gel de certaines activités nucléaires sensibles en échange de la levée d’une petite partie des sanctions qui étranglent son économie.

Mais des députés ultraconservateurs ont critiqué cet accord, se demandant ce que Téhéran en tirerait de bon, et ces derniers mois, le Parlement dominé par les conservateurs a fréquemment convoqué M. Zarif et d’autres ministres sur une série de sujets dont les rencontres avec M. Kerry.