JTA – Ses dirigeants l’appellent un « développement historique », un « changement de paradigme » et un « changement dans la relation » entre Israël et la diaspora.

Mais s’agissant des détails de l’initiative conjointe du gouvernement israélien et de la communauté juive mondiale, des questions clés cherchent encore leurs réponses – comme son objectif et son financement.

Défini l’an dernier comme un partenariat entre le gouvernement israélien, l’Agence juive et les principaux organismes de la diaspora juive, le projet vise à renforcer l’identité juive et les liens entre Israël et les Juifs à travers le monde.

Dimanche, le cabinet israélien a approuvé un budget à hauteur de 50 millions de dollars pour l’initiative d’ici 2017. Le gouvernement prévoit d’atteindre les 100 millions de dollars annuels d’ici 2022.

Le gouvernement envisage que les sources issues de la diaspora – fédérations, fondations philanthropiques et des donateurs individuels – doublent ces sommes pour couvrir deux tiers du budget total de l’initiative.

Le financement servira à la fois à étendre les programmes existants pour les jeunes adultes et en créer de nouveaux.

« La décision du gouvernement israélien d’endosser plus de responsabilités pour renforcer l’identité des communautés juives est une mesure historique », a déclaré le président de l’Agence juive, Natan Sharansky au JTA.

« Nous parlons d’une identité juive bâtie sur une connexion à Israël. »

Au regard du succès de Taglit, [un voyage gratuit de dix jours en Terre sainte pour jeunes adultes juifs], l’initiative mettra l’accent sur des expériences immersives en Israël, des programmes sur les campus universitaires, des camps d’été et un apprentissage expérimentale, élague Sharansky.

Mais si le gouvernement israélien a prévu des fonds pour l’initiative, il n’a pas encore désigné les programmes spécifiques qui recevraient un financement.

Une réunion de planification du projet en novembre 2013 a réuni les plus grandes organisations et fondations juives. Mais Sharansky ne mentionne que les Fédérations juives d’Amérique du Nord comme source potentielle de financement initial.

« Beaucoup de questions restent sans réponse à ce stade », confie le chef de la direction des Fédérations juives, Jerry Silverman, au JTA. « D’ici six mois, un grand nombre de ces questions seront résolues. Mais nous n’avons pas encore franchi la ligne d’arrivée. »

Silverman précise que les Fédérations juives ne se sont pas encore prononcées sur un montant initial et que son réseau n’était pas impliqué dans l’élaboration du budget adopté par le conseil des ministres israélien dimanche.

Sharansky a fixé un calendrier d’un à deux mois pour émettre des propositions de programmes. Après le long processus de planification de l’initiative, qui comprenait des conférences et un forum en ligne pour les jeunes Juifs à travers le monde, Sharansky a déclaré : « arriver à des décisions concrètes se fera rapidement ».

Pour Dvir Kahana, le directeur général du ministère des Affaires de Jérusalem et de la Diaspora, l’initiative nécessite encore une planification stratégique.

La première étape de l’initiative se concentrera sur la venue de jeunes Juifs de la Diaspora en Israël et sur ​​un apprentissage sur Israël dans les communautés de la diaspora.

D’après Sharansky, si les Juifs orthodoxes peuvent reposer sur leur pratique religieuse pour garantir leur appartenance à la communauté juive, Israël est le seul point d’ancrage de l’identité juive des Juifs non orthodoxes.

« Dans le monde non orthodoxe rien n’arrête assimilation hormis l’attachement à Israël », assure-t-il. « Dans les communautés orthodoxes, la conscience de l’identité juive est très forte. Ils vivent à travers leur foi et la tradition juive. Mais lorsque vous observez les autres, vous découvrez que le sentiment profond d’appartenance à l’histoire juive se réduit comme peau de chagrin ».