Un camion immatriculé en Pologne a foncé intentionnellement sur la foule de l’un des marchés de Noël les plus achalandés de Berlin lundi soir, faisant au moins 12 morts et 48 blessés.

Voici ce que l’on sait de cet événement que la police allemande considère désormais comme un probable attentat, similaire à celui commis à Nice, en France, le 14 juillet dernier :

S’agit-il d’un attentat ?

Les autorités allemandes ne l’ont pas établi avec certitude mais tous les éléments qu’elles donnent pointent en direction d’un attentat au camion-bélier similaire dans ses circonstances à celui de Nice, le jour de la fête nationale, qui fit 84 morts et plusieurs centaines de blessés.

La police berlinoise a annoncé mardi matin que le conducteur du poids-lourd avait « délibérément » foncé sur la foule et qu’il s’agissait du coup « probablement » d’un attentat, même si l’hypothèse de l’acte d’un forcené ne peut encore être totalement écartée.

Que s’est-il passé exactement ?

Lundi soir vers 20h00, un camion a traversé sur 50 à 80 mètres un des marchés de Noël les plus visités à Berlin, dans l’ouest de la capitale allemande. A quelques jours des fêtes, il était très fréquenté ce soir-là, notamment par les touristes.

Le dernier bilan, encore provisoire, de la police, fait état de 12 morts et plusieurs dizaines de blessés, qui selon la presse locale souffrent de fractures diverses et hémorragies internes, causées par la violence du choc. Un témoin australien a indiqué que des enfants et personnes âgées figuraient parmi les personnes gisant au sol après le passage du camion.

Que sait-on du conducteur du poids-lourd ?

Il s’agit d’un homme qui a d’abord pris la fuite après avoir commis son forfait et laissé son véhicule à l’arrêt. Il a été interpellé peu après à deux kilomètres de là par la police, qui disposait d’une description fournie par des témoins.

Selon des médias allemands, il pourrait s’agir d’un Pakistanais ou d’un Afghan, connu de la police pour des actes de criminalité mais pas de radicalisation islamiste. L’agence allemande DPA indique qu’il s’agirait d’un réfugié arrivé en février 2016 en Allemagne. Ces éléments n’ont pas été confirmés par les autorités.

D’où venait le camion ?

Il s’agit d’un poids-lourd appartenant à une société de transport polonaise, qui n’a plus de nouvelles de son chauffeur. La police allemande pense qu’il a été volé. Un corps sans vie a été retrouvé dans le camion après le drame. Il pourrait s’agir du chauffeur dont on est sans nouvelles, selon des médias allemands.

Selon les dirigeants de l’entreprise, le véhicule était chargé de 25 tonnes de produits métallurgiques en provenance d’Italie. Le routier se préparait à passer la nuit à Berlin, la société berlinoise qui devait prendre le chargement n’ayant pas pu le recevoir lundi.

« C’est mon cousin, je le connais depuis l’enfance. Je me porte garant de lui », a dit le patron de l’entreprise, Ariel Zurawski, à l’AFP.

Angela Merkel au Bundestag, le 26 novembre 2014. (Crédit : AFP/Clemens Bilan)

Angela Merkel au Bundestag, le 26 novembre 2014. (Crédit : AFP/Clemens Bilan)

La chancelière allemande Angela Merkel est « en deuil » en raison de ces « nouvelles effroyables », a indiqué son porte-parole Steffen Seibert sur Twitter.

Des images des lieux du drame diffusées par le site internet du quotidien local Berliner Morgenpost ont montré plusieurs stands du marché de Noël détruits par le passage du camion.

Le marché de Noël où le camion a foncé sur les badauds en roulant sur un trottoir se trouve en plein centre de la ville, à deux pas de l’Eglise du Souvenir, une des principales attractions touristiques berlinoises, et d’une avenue très commerçante, le Kurfürstendamm.

Un touriste présent sur les lieux et interrogé par l’AFP a indiqué ne pas savoir si le conducteur « était ivre » ou s’il a délibérément foncé sur la foule, « mais il n’a pas cherché à s’arrêter, il a juste continué ».

L’atmosphère était très tendue lundi soir aux abords du marché de Noël, avec un important dispositif policier déployé dans tout le quartier, selon une journaliste de l’AFP sur place.

Des camions sirènes hurlantes continuaient d’arriver sur place peu avant 22h00 locales, que ce soit des véhicules de la Croix rouge, des ambulances, deux camions médecine légale ou encore de nombreux véhicules de pompiers.

A Nice en juillet, un Tunisien avait foncé avec son poids-lourd sur la Promenade des Anglais sur près de deux kilomètres, prenant pour cible une foule de civils, tuant 86 personnes et en blessant plus de 400 autres, avant d’être tué par la police. L’attentat avait été revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI).

Les gens déposent des fleurs, des bougies et des messages à un mémorial improvisé à Nice le 16 juillet 2016, en hommage aux victimes de l'attaque du 14 juillet sur la promenade des Anglais, qui a tué au moins 84 personnes et fait des centaines de blessés. (Crédit : Giuseppe Cacace/AFP)

Les gens déposent des fleurs, des bougies et des messages à un mémorial improvisé à Nice le 16 juillet 2016, en hommage aux victimes de l’attaque du 14 juillet sur la promenade des Anglais, qui a tué au moins 84 personnes et fait des centaines de blessés. (Crédit : Giuseppe Cacace/AFP)

L’ambassade d’Israël à Berlin est en contact avec la police allemande pour obtenir de plus amples informations sur l’incident, a annoncé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon.

Le président français François Hollande a assuré lundi soir que « les Français (partageaient) le deuil des Allemands » après qu’un camion a foncé sur un marché de Noël berlinois, faisant au moins neuf morts, a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

« Les Français partagent le deuil des Allemands face à cette tragédie qui frappe toute l’Europe », a déclaré le chef de l’Etat français, exprimant « sa solidarité et sa compassion à la chancelière [allemande Angela] Merkel, au peuple allemand et aux familles », a poursuivi la présidence française.

L’Allemagne avait été jusqu’ici épargnée par des attaques jihadistes d’ampleur, mais plusieurs attentats islamistes ont été récemment commis par des personnes isolées.

L’EI a ainsi revendiqué en juillet un attentat commis par un Syrien de 27 ans, débouté de sa demande d’asile, qui a fait 15 blessés, et une attaque à la hache perpétrée aussi par un demandeur d’asile, probablement afghan, de 17 ans, qui a fait cinq blessés.

En octobre, un Syrien s’est donné la mort en prison après avoir été arrêté, alors que selon les enquêteurs il se préparait à commettre un attentat contre un aéroport de Berlin.