Un chauffeur de taxi new-yorkais a été suspendu pour avoir porté un brassard avec une croix gammée.

Il s’est défendu dans les médias locaux samedi, affirmant que c’était selon le premier amendement son droit de porter une croix gammée en tant que national-socialiste.

Dans une interview de grande envergure, Gabriel Diaz explique qu’il ne hait pas les Juifs, mais estime qu’on a menti au public américain à propos d’Adolf Hitler.

« Je suis un national-socialiste, ce que vous appelez un nazi. Je suis un croyant de cette mouvance », raconte Diaz à CBS New York.

« Je ne souhaite offenser personne, je veux juste exercer le premier amendement, ma liberté d’expression. Si d’autres personnes ont le droit de s’habiller comme elles le veulent pourquoi un national-socialiste n’en aurait pas le droit ? ».

Diaz suggère que l’on devrait interdire aux musulmans de s’habiller avec leurs habits religieux et qu’ « un homosexuel devrait s’excuser d’être ouvertement gay et homosexuel », si lui on lui interdit de porter son brassard nazi.

Diaz a été suspendu par la Commission des taxis et limousines de la ville de New York pour 30 jours la semaine dernière pour avoir porté un brassard avec une croix gammée.

Le chauffeur de taxi suspendu a déclaré à CBS qu’il le porte la plupart du temps à maison, « parce que je suis un national-socialiste », mais de temps en temps il le porte aussi tout en travaillant.

« Les médias présentent cela comme de la haine, mais pas pour nous », a déclaré Diaz, 26 ans, un homme noir d’origine dominicaine vivant dans le Bronx. Le port d’un brassard nazi « ne fait pas de moi un haineux », avance-t-il.

Interrogé sur le fait de savoir si son origine ethnique est en conflit avec l’idéologie nazie, il répond : « Qui a dit que vous devez être blanc pour être un national-socialiste ? »

Les lois raciales nazies mises en œuvre en Allemagne en 1935 interdisent les relations interraciales, et on estime que 400 enfants issus de relations interraciales ont été stérilisés par les nazis en raison de leur appartenance ethnique.

Après avoir initialement refusé de dire s’il préconisait l’idéologie d’Hitler, Diaz s’est finalement confié.

« Je crois qu’on nous a appris des mensonges sur Hitler toute notre vie. Je ne veux pas parler de ce qui se serait – ici Diaz fait le signe des guillemets avec ses doigts – ‘passé là-bas' », raconte-t-il, se référant à l’Europe sous l’occupation de l’Allemagne nazie entre 1933 et 1945.

« On nous a raconté des mensonges sur Hitler, on nous a raconté des mensonges sur le national-socialisme, on nous a raconté des mensonges à propos de tout ».

« »Je croyais qu’Hitler était ce gars démoniaque qui voulait dominer le monde, mais… nous avons eu tort », poursuit-il, expliquant qu’il a changé d’avis après avoir vu des « sites indépendants », sans préciser lesquels.

Il a ajouté qu’il n’était pas intéressé par une discussion avec l’Anti-Defamation League [ADL, Ligue anti-diffamation], dont le siège a déposé plainte contre Diaz.

L’ADL a déclaré vendredi que Diaz a envoyé « un message effrayant et offensant aux New-Yorkais qui pourraient être bienvenus – ou non – dans le taxi qu’il conduit ».

« Il y a de l’antisémitisme, car [les Juifs] veulent vous faire croire qu’il ya de l’antisémitisme », a déclaré Diaz. « Je ne déteste pas les Juifs. Je suis critique à leur égard, mais je ne les hais pas ».

Diaz a également laissé entendre qu’il était opposé à la démocratie et a déclaré qu’en tant que national-socialiste, il préconisait « l’ordre naturel » de la hiérarchie et de la survie du plus fort.

« Cela me fait de la peine de devoir m’excuser », explique-t-il.

Si « les homosexuels courent librement avec le drapeau gay et leurs slips de bain… pourquoi je ne peux pas dire que je suis fier d’être un nazi, comme vous l’appelez », s’insurge Diaz.

Le Gothamist a cité Diaz qui expliquait qu’il continuerait à porter son brassard nazi « mais pas pendant son service, car il y a beaucoup de pleurnichards là-bas à Manhattan, beaucoup de pleurnichards libéraux, qui pleurent à chaque fois qu’ils voient un symbole de haine ».

Selon le New York Daily News, le père de Diaz n’adhère pas aux croyances de son fils.

« Il a besoin d’aide ! », a déclaré Juan Diaz au Daily News. « Oubliez tout ce qu’il dit ».