Les services de sécurité du Hamas contrôlant la bande de Gaza ont arrêté un cheikh salafiste radical, l’accusant d’appartenir à l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) qui multiplie les exactions en Syrie et en Irak, a-t-on appris lundi de source de sécurité.

« Adnane Khader Mayat, du camp de réfugiés d’al-Boureij, dans le sud de la bande de Gaza, a été interpellé dans le cadre d’une enquête » sur ses liens avec l’EI, a indiqué cette source à l’AFP sous le couvert de l’anonymat. Elle s’est refusé à donner plus de précision.

Des sources proches de la mouvance salafiste à Gaza ont de leur côté dénoncé « l’arrestation hier (dimanche) du cheikh Adnane Mayat par les services du gouvernement du Hamas qui combat les moujahidines appartenant au courant salafiste ».

Par le passé, les forces de sécurité du Hamas islamiste ont durement réprimé les groupes salafistes à Gaza.

Un communiqué des « proches de détenus salafistes dans les prisons du Hamas » parvenu à l’AFP accuse en outre « le gouvernement du Hamas de poursuivre sa rafle parmi nos fils et nos frères », dénonçant notamment le placement en détention de deux jeunes. « Ces actions vont mener à une escalade que personne ne veut », menace ensuite le communiqué.

Depuis plusieurs mois, des revendications d’attaques et des communiqués signés de l’Etat islamique-Gouvernorat de Gaza ont été publiés. La plupart ont été dénoncés comme des faux sur les forums djihadistes.

Aucun mouvement gazaoui n’a fait allégeance jusqu’ici à l’EI, assurent les experts. Mais plusieurs connaisseurs du territoire s’alarment du danger d’une perte progressive de contrôle et d’une montée en puissance de radicaux de plus en plus actifs et même visibles depuis la guerre de l’été 2014, et dont certains chercheraient l’adoubement de l’EI.