Il y a trois couleurs sur le drapeau français, et la devise du pays met aussi en avant trois valeurs : liberté, égalité et fraternité.

Aujourd’hui, c’est à trois menaces que doit faire face la communauté juive – la plus grande d’Europe – pour Roger Cukierman, président du CRIF et vice-président du Congrès juif mondial.

Lors d’une allocution à New York, Cukierman a précisé ce qu’il entendait par ce trio : une population musulmane qui s’est radicalisée, la popularité croissante du Front national dirigé par Marine Le Pen, et un sentiment anti-israélien diffus, généralisé parmi les gauchistes français.

« Ce n’est pas si agréable d’être juif en ce moment en France », a déclaré Cukierman, ajoutant que lors d’une manifestation récente contre le gouvernement, certains, parmi une foule de 17 000 personnes avaient hurlé : « Juifs, la France n’est pas à vous ».

40 % des crimes de haine violents en France ciblent des Juifs a-t-il affirmé.

« L’autre menace insidieuse est l’énorme influence du Qatar sur l’économie française. Ils peuvent être, dans un futur proche, dans une position d’influencer la politique française », a lancé Roger Cukierman.

Le président du CRIF a tenu à rappeler que, malgré les difficultés, le gouvernement français est pleinement engagé envers la communauté juive. Notant avec satisfaction que le président Hollande avait récemment assimilé publiquement antisionisme et antisémitisme.

Un mélange d’expatriés français et de dirigeants juifs américains remplissaient la grande salle du Consulat de France à New York, où Roger Cukierman donnait son allocution. Il a été suivi par Malcolm Hoenlein, vice-président exécutif de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines.

Roger Cukierman au dîner annuel du Crif - 4 mars 2014 (Crédit : capture d'écran vidéo AFP)

Roger Cukierman au dîner annuel du Crif – 4 mars 2014 (Crédit : capture d’écran vidéo AFP)

Hoenlein a, lui, usé d’une rhétorique dramatique dans une grande partie de son discours, comparant l’antisémitisme en France à un « tsunami », décrivant l’agitation arabe comme « le volcan arabe » et faisant référence à l’antisémitisme en Europe comme un « cancer qui a été autorisé à se développer ».

Il a terminé son discours par le célèbre message de la Haggada de Pessah : « A chaque génération, des ennemis se dressent pour nous détruire ».