Un clip électoral du Likud, le parti du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a déclenché une polémique dimanche car il proclame qu’un succès de l’opposition de gauche aux législatives du 17 mars ne pourrait que bénéficier au groupe Etat islamique (EI).

Dans ce clip diffusé par les médias, deux comédiens déguisés en jihadistes armés circulent à bord d’un pick-up sur lequel flottent des drapeaux noirs de l’EI. Ils s’arrêtent près d’une voiture conduite par un Israélien.

L’un des deux « djihadistes » lui demande « comment arrive-t-on à Jérusalem,
mon frère ? » et l’automobiliste de répondre : « prenez à gauche ». Puis apparaissent deux slogans : « la gauche cédera au terrorisme », et « c’est nous ou eux, il n’y a que le Likoud, que Netanyahu ».

Ce clip vise surtout « l’union sioniste », une coalition d’opposition formée par Isaac Herzog, le chef du parti travailliste, et Tzipi Livni, une centriste.

« L’union sioniste » a publié un communiqué dénonçant ce clip et « l’échec colossal de Benjamin Netanyahu dans le domaine de la sécurité ».

« Il a libéré des terroristes avec du sang sur les mains, il a renforcé le Hamas, tandis que l’Iran pendant son mandat est devenu un Etat qui a atteint le seuil nucléaire ».

Yuval Diskin, ancien chef du Shin Bet, le service de sécurité intérieure, critique lui aussi dans sa page Facebook Benjamin Netanyahu « qui a libéré des terroristes pour ne pas geler la colonisation (des territoires palestiniens), l’homme qui menace l’Iran tout en étant incapable de renverser un groupe terroriste (le Hamas, NDLR) dans la bande de Gaza ».

En 2013 Benjamin Netanyahu avait accepté la libération en plusieurs étapes d’une centaine de détenus palestiniens incarcérés avant 1993, afin de relancer les négociations de paix avec les Palestiniens, dont la reprise était entravée notamment par la poursuite de la construction israélienne.

Mais seuls trois groupes ont été relâchés en 2013, avant que ces négociations n’aboutissent à un échec en avril 2014.

Le ministre des Renseignements Yuval Steinitz, membre du Likud, a jugé « légitime » le message de ce clip.

« Si Israël se retire de la Judée-Samarie (Cisjordanie), le Hamas et l’Etat islamique arriveront jusque dans la banlieue de Tel Aviv », a affirmé ce proche du Premier ministre à la radio militaire. La gauche prône l’instauration de deux Etats, palestinien et israélien, et un retrait partiel de Cisjordanie.

Un deuxième clip, cette fois diffusé sur les réseaux sociaux et réalisé par des colons du « comité des habitants de Shomron », faisait lui aussi scandale dimanche.

Ce court dessin animé montre un dénommé Sturmer, une référence à un journal nazi fanatiquement antisémite, donnant de l’argent à un journaliste israélien qui travaille pour un journal nommé « la gauche » afin qu’il rédige des articles anti-israéliens.

A la fin du clip ce journaliste « vendu » se pend et apparaissent alors une liste d’organisations de gauche telles que la Paix Maintenant, qui milite contre la construction dans les Territoires.

Interrogé à la radio militaire, le chef du comité de Shomron, Benny Katzover, a justifié le contenu du clip en expliquant : « des organisations de gauche ne cessent de courtiser des antisémites en Europe. C’est cela qui est révoltant ».