Un congrès européen de « la dissidence », rassemblant des personnalités antisémites comme le polémiste Dieudonné et l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, doit se tenir dimanche à Bruxelles dans un lieu encore inconnu, une manifestation que certains maires voudraient interdire.

Une réunion de concertation a eu lieu samedi matin à l’initiative de la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, à propos de ce congrès organisé par une librairie bruxelloise et le mouvement « Debout les Belges » (extrême droite) du député Laurent Louis, indiquait vendredi l’agence Belga.

Cette réunion devrait associer le gouverneur de Bruxelles, des représentants de la police ainsi que les maires des 19 communes bruxelloises alors que l’un d’entre eux, Vincent De Wolf (commune d’Etterbeek), a demandé l’interdiction pure et simple de ce congrès sur l’ensemble du territoire bruxellois.

Un autre édile, Olivier Deleuze (commune de Watermael-Boitsfort), a, lui, assuré que si la réunion devait se tenir sur sa commune, il ferait « tout ce qui est en son pouvoir pour l’empêcher ».

« J’applique la doctrine Valls », a-t-il affirmé en faisant référence au Premier ministre français Manuel Valls, auteur alors qu’il était ministre de l’Intérieur d’une circulaire préconisant l’interdiction d’un spectacle de l’humoriste controversé Dieudonné pour éviter des troubles à l’ordre public.

Dieudonné a été condamné plusieurs fois par la justice française pour des propos antisémites.

Les organisateurs du colloque ont choisi de ne communiquer le lieu de leur rassemblement qu’au dernier moment pour empêcher les maires bruxellois de prendre un arrêté préventif d’interdiction.

Le congrès doit se tenir dimanche en présence de Dieudonné, d’Alain Soral et de Kemi Seba, de l’organisation noire radicale Tribu Ka, aujourd’hui dissoute. Plusieurs orateurs issus de courants de l’extrême droite catholique, musulmane ou panafricaine sont également attendus.

Vendredi, la Ligue Belge Contre l’Antisémitisme (LBCA) a déposé plainte auprès du procureur du roi de Bruxelles aux côtés de la Licra et de l’Union des étudiants juifs de Belgique. Selon elles, les éléments d’un délit à la loi contre le racisme et la xénophobie sont d’ores et déjà réunis.