Une conférence d’une université britannique remettant en question l’existence d’Israël est vivement critiquée, avec au moins un député demandant à l’institution de reconsidérer la tenue de l’événement.

L’université de Southampton tiendra en avril un symposium de trois jours avec pour objectif déclaré de déplacer le débat des « actions israéliennes dans les Territoires occupés en 1967 » vers « les thèmes de la légitimité … posés par la nature même d’Israël ».

Le forum examinera la manière dont « l’injustice dans la Palestine historique » a été façonnée par la création d’Israël, ainsi que des bases constitutionnelles du droit international qui peuvent corriger la transgression inhérente à la création de l’Etat juif, selon le site web de l’université.

Mark Hoban, un membre du Parlement et ancien ministre du Trésor britannique, a qualifié la conférence de « provocatrice et inutile » et a appelé la direction de l’université à l’annuler.

« Bien que j’appuie pleinement les principes de la liberté d’expression, je trouve inquiétant qu’une institution aussi respectée que l’université de Southampton héberge un forum intransigeant et unilatéral mettant en cause et délégitimant l’existence d’un Etat démocratique », a déclaré Hoban.

« Au delà des opinions sur les actions de son gouvernement, l’Etat d’Israël est la seule démocratie d’une région infectée par la persécution politique, religieuse et sociale », a-t-il déclaré.

Les résolutions anti-israéliennes sur les campus universitaires et dans les milieux universitaires ont gagné du terrain en Occident ces derniers mois ; un  phénomène que des observateurs lient à la montée de l’antisémitisme à travers l’Europe.

Selon des sondages concordants rendus publics en janvier, la moitié des Juifs de Grande-Bretagne craingnent de n’avoir aucun avenir à long terme en Grande-Bretagne ou en Europe, au moment où près d’un Britannique sur deux a des opinions antisémites.

Le Premier ministre britannique David Cameron a cependant insisté en février sur le fait que les Juifs étaient en sécurité dans le Royaume-Uni et qu’ils étaient heureux de voir dans le Royaume-Uni, leur maison.

« Tant que je serai Premier ministre, je promets que nous allons combattre l’antisémitisme par tous nos moyens », avait déclaré Cameron.

« La Grande-Bretagne est fière d’être une démocratie multi-ethnique et multi-religieuse », avait-il précisé, répondant aussi en partie à un rapport publié début février par un observatoire de l’antisémitisme basé à Londres qui avait signalé que l’année 2014 avait vu le nombre le plus élevé d’incidents antisémites commis en Grande-Bretagne.

L’activité anti-israélienne sur les campus ne se limite pas à l’Europe.

Un questionnaire de l’agence JTA a révélé que 54 % des étudiants juifs à travers l’Amérique ont été confrontés à une certaine forme d’antisémitisme au cours de l’année universitaire.

En Afrique du Sud, en février dernier, le Conseil représentatif des étudiants à l’Université de Technologie de Durban a exhorté la direction de l’institution à expulser ses étudiants juifs, en raison de leur soutien à Israël.