NEW YORK – Ces époux ne sont clairement pas du même côté, et ils ne pourraient pas en être plus heureux.

Le 28 décembre, les anciens étudiants de Yeshiva University Yair Shahak et Yaelle Frohlich se sont affrontés lors du Concours international biblique pour adultes. Shahak est originaire de Brooklyn. Il avait remporté en 2014 le concours biblique américain, et représentera donc les États-Unis. Frohlich est canadienne, elle est née à Edmonton, Alberta et représentera l’équipe canadienne. C’est la première fois qu’un couple marié participe à la même compétition.

« J’ai un esprit de compétition, mais nous ne sommes pas en compétition, mais en fait, nous n’avons jamais eu l’occasion de le vérifier », explique Frohlich, 28 ans.

« Nous serons heureux que l’autre gagne », approuve Shahak, 28 ans en souriant.

Le coupe est marié depuis 4 ans et demi. Ils ont accepté de parler au Times of Israel via Skype. Assis à la table de la cuisine, ils finissent les phrases de l’autre, et évoquent leur rencontre, il y a neuf ans, tous deux étudiants à Yeshiva University, lorsqu’ils ont découvert leur amour respectif pour les textes bibliques.

Une fois par semaine, Frohlich se rendait au troisième étage de l’université, dans le studio de radio. Elle y animait une émission « Contes de fée casher et révélations » sur les ondes de la radio de l’université, WYUR. L’émission, qui reprenait des contes de fées en leur ajoutant une perspective juive (pensez Zeldarella au lieu de Cinderella), avait une audience restreinte mais fidèle.

Pendant ce temps, Shahak s’entraînait au violon dans les studios de musique du deuxième étage. De temps en temps, il grimpait quelques marches et entrait de le studio pour dire bonjour.

Yaelle Frohlich et Yair Shahak, tous deux universitaires se sont trouvés grâce à leur amour des textes bibliques. (Crédit : autorisation)

Yaelle Frohlich et Yair Shahak, tous deux universitaires se sont trouvés grâce à leur amour des textes bibliques. (Crédit : autorisation)

Ce scénario s’est répété jusqu’à la remise des prix du WYUR. Ils ont échangé quelques mots, et Frohlich a mentionné qu’elle adorait lire les textes bibliques. Elle se demandait si Shahak l’avait déjà lu.

« Il a montré 4 doigts, indiquant qu’il avait lu la totalité du Pentateuque à 4 reprises. Nous avions à peine 20 ans, et cette réponse m’a surprise, elle m’a époustouflée. Je savais, par ma propre expérience de mon étude des textes, que je n’avais d’ailleurs pas encore terminée, que sa réponse était exceptionnelle, et incroyablement impressionnante », raconte Yaelle Frohlich au sujet de son mari, lauréat du concours biblique américain de 2014.

Frohlich a commencé a étudier la Bible à 12 ans, et elle a été fascinée. Après avoir changé d’école secondaire, elle a commencé a étudier l’hébreu biblique et les commentaires de Rachi. Durant son année de séminaire, elle a opté pour les niveaux les plus élevés dans les cours de Houmach (Le Pentateuque) et Prophètes (du Livre de Josué à Rois II).

Chaque semaine, elle se répondait à des quiz sur le contenu de chaque chapitre, y compris avec citations et descriptions.

Frohlich, doctorante en histoire juive du XIXe siècle à l’université de New York, a par la suite découvert que ces quiz étaient similaires à ceux du concours.

Shaak a grandi à Boro Park, dans une famille qu’il qualifie « d’assez religieuse ». Il a toujours été attiré par les connaissances extérieures, que ce soit les échecs, Tolkien ou la Bible.

« Je savais, par ma propre expérience que sa réponse était exceptionnelle, et incroyablement impressionnante. »

« Chaque année, je choisissais un sujet et je m’y plongeais », raconte Shahak, en ajoutant que sa famille s’est toujours attendue à ce qu’il fréquente la Yeshiva University.

« J’ai grandi dans la mentalité Boro Park, mais également avec le concept d’étudier des sujets qui ne seraient pas abordés dans ma yeshiva. De nombreux membres de ma famille en Israël ont servi dans l’armée. Il y a toujours eu cette dichotomie. »

Shahak, ordonné cantor, officie au Mordecai T. Mezrich Center for Jewish Learning dans l’East Windsor (New Jersey) et à Young Israel of Pelham Parkway Jewish Center dans le Bronx.

Durant les week-ends, quand le couple n’étudie pas, il enseigne au Rimon Center d’East Windsor, et dirige les offices explicatifs de Shabbat. Shahak poursuit également un master de musique à l’école de musique Aaron Copland du Queens College.

Au départ, Frohlich ne pensait pas entrer dans la compétition, mais en étudiant avec Shahak, elle s’est rendue compte qu’elle connaissait les réponses aux questionnaires. Elle a donc décidé de participer en tant que canadienne, pour représenter son pays d’origine.

Yaelle Frohlich et Yair Shahak s'affronteront cette année lors du concours biblique international pour adultes, à Jérusalem. (Crédit : autorisation)

Yaelle Frohlich et Yair Shahak s’affronteront cette année lors du concours biblique international pour adultes, à Jérusalem. (Crédit : autorisation)

« J’interrogeais Yair et je réalisais que je connaissais de nombreuses réponses. Je me suis dit que ce serait amusant de tenter ma chance »,e explique Frohlich.

La compétition aura lieu dans deux semaines, et le couple est en train de terminer ses révisions. Ils savent que l’examinateur peut demander, et il le fera, « littéralement tout et n’importe quoi. »

« Un peu de stress, c’est une bonne chose, mais trop de stress, c’est handicapant. Il faut juste se concentrer sur ce qui doit être fait », explique-t-il.

De son côté, Frohlich admet qu’elle est la plus stressée des deux.

« Je suis du genre nerveuse, mais je ne pense pas que ce stress soit productif. Je vais quand même bachoter, même si je sais que ce n’est pas productif », conclut-elle.