Pendant la journée de jeûne de Ticha Be Av, qui a vu des émeutiers palestiniens masqués affronter la police sur le mont du Temple à Jérusalem, un député arabe de la Knesset a déclaré sur les ondes dimanche que les Juifs n’ont pas de lien historique avec le site.

Le député Masud Ganaim de la Liste arabe unie a rejeté la notion selon laquelle un temple juif ait jamais existé sur le site, et a affirmé que les perturbations étaient dues aux « provocations israéliennes ».

« Historiquement, religieusement, c’est un site musulman, point ! », a déclaré Ganaim sur la radio militaire.

« L’Etat d’Israël sait que les Juifs et Israël n’ont aucune légitimité sur le site, à l’exception de leur légitimité en tant qu’occupant – une légitimité [gagnée] par la force », a-t-il affirmé.

Il intervenait plusieurs heures après les émeutes sur le mont du Temple qui auraient été provoquées par les déclarations incendiaires d’une femme juive filmée en disant que « Mahomet était un cochon ».

Une foule d’émeutiers palestiniens s’est barricadée dans la mosquée Al-Aqsa et des pierres et des cocktails Molotov ont été lancés contre les forces de sécurité israéliennes.

La police à l'entrée de la Mosquée Al-Aqsa le 26 juillet 2015 après que les forces de sécurité ont affronté des dizaines de manifestants masqués (Crédit : La police de Jérusalem)

La police à l’entrée de la Mosquée Al-Aqsa le 26 juillet 2015 après que les forces de sécurité ont affronté des dizaines de manifestants masqués (Crédit : La police de Jérusalem)

Ganaim a blâmé la violence sur le site sur la visite ce jour-là de centaines de Juifs sur le mont du Temple, parmi eux le ministre de l’Agriculture Uri Ariel (HaBayit HaYehudi).

« Ce que le ministre Ariel a fait est une provocation ; il est entré [dans l’enceinte] de manière provocante », a déclaré Ganaim, ajoutant qu’ « il aurait dû se satisfaire d’être à proximité, au mur Occidental », qui se trouve sous le mont du Temple.

« Je pense que ma présence [sur le mont] en tant que membre arabo-musulman de la Knesset est naturelle, et je crois que la mosquée Al-Aqsa est un lieu saint pour les musulmans, point », a-t-il poursuivi.

Lorsqu’on lui a demandé si un temple juif avait jamais existé sur le site, Ganaim a répondu : « Non, non ».

Les Juifs priant pour le rituel de Ticha Be Av au Mur occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 26 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les Juifs priant pour le rituel de Ticha Be Av au Mur occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 26 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« En tant que professeur d’histoire, je sais cela… Peut-être [qu’il y avait un temple quelque part], mais pas là, pas là. Vous êtes invités à aller chercher le Temple dans un endroit différent, à un autre moment », a déclaré Ganaim.

Le mont du Temple est considéré comme le site le plus saint du judaïsme, mais selon la plupart des écoles rabbiniques, les Juifs ont l’interdiction par la loi juive de se rendre sur le site, qui est administré et sous tutelle jordanienne par le biais de l’autorité du Waqf.

Pourtant, certains juifs entrent dans le site, mais par les autorités israéliennes leur interdisent d’y prier.

Les archéologues ont découvert des preuves que le Second Temple se tenait sur le site jusqu’à sa destruction par les Romains en 70 après JC. Le jeûne de Ticha Be Av commémore la destruction du premier et du deuxième temple.