Le député conservateur britannique Patrick Mercer a commis « l’une des pires infractions » jamais commises aux règles parlementaires en insultant un agent de sécurité israélien féminin de « sale Juive », a-t-on indiqué dans un rapport de l’assemblée britannique.

En plus de l’insulte antisémite, Mercer, qui a été contraint de démissionner cette semaine, a été reconnu coupable d’avoir abusé de sa position dans un but lucratif, des délits révélés au cours d’une enquête sous couverture menée l’année dernière pas la BBC et le Daily Telegraph.

Le rapport, publié jeudi par le comité d’éthique de l’Assemblée, a souligné que Mercer s’était excusé pour cette insulte, en expliquant qu’il était « très fatigué à ce moment-là ». On ne pouvait pas non plus l’accuser d’être antisémite puisque sa femme avait des origines juives.

« Je suis marié à une femme d’origine juive. J’ai beaucoup d’amis dans la communauté juive, et, oui, je ne peux pas me coucher plus encore à plat ventre, c’est juste une chose stupide à dire, et je n’ai même pas… je suis d’accord que je l’ai dit, je suis conscient que mes paroles ne sont pas toujours aussi équilibrées qu’elles devraient l’être », a déclaré Mercer selon un extrait du rapport publié dans The Guardian.

En 2013, Mercer avait été filmé en train de prononcer l’insulte par un journaliste se faisant passer pour un lobbyiste. Il a déclaré être entré dans un « établissement de renseignement » au cours d’une récente visite en Israël et s’être retrouvé face à un agent de sécurité.

Mercer a décrit la garde comme « une jeune fille de 18 ans portant un uniforme, avec ses cheveux tressés en natte, des bijoux fantasques, des scandales ouvertes aux pieds et un fusil sous mon nez. »

Il a ensuite décrit sa conversation avec elle.

« Mais putain qui tu es ? – Ben, je suis une soldate. ‘Vraiment ? Tu ne ressembles pas beaucoup à un soldat. Tu ressembles à une sale Juive », a déclaré Mercer.

L’enquête a également révélé le paiement reçu par Mercer pour des intérêts dans des affaires pour poser des questions et faire avancer des motions au parlement.

Le rapport a ensuite précisé que les agissements de Mercer « étaient motivés par le désir d’un gain commercial » et que les membres du parlement « ne connaissaient pas de cas semblables pour un député qui avait impliqué une violation, de si grande ampleur et sur une si longue durée, des règles du parlement concernant l’enregistrement, la déclaration et le paiement de conseils. »

Le comité d’éthique a également découvert que Mercer a fait des commentaires désobligeants sur d’autres députés.

Mercer a démissionné mardi, juste avant la publication du rapport, qui devait faire la recommandation de sa suspension parlementaire de six mois.