Le député de l’Union sioniste, Itzik Shmuli, a déclaré mardi qu’il allait convoquer une audience d’urgence de la commission du Travail, de la Santé et de l’Assistance publique de la Knesset pour évoquer la situation des travailleurs étrangers en Israël, qui sont à tel point endettés que leur situation s’apparente à de l’esclavagisme, après que le phénomène ait été révélé.

L’annonce de Shmuli était une réaction au récent article publié par le Times of Israel décrivant la pratique illégale mais généralisée de faire payer aux travailleurs étrangers des sommes allant de 8 000 dollars à plus de 20 000 dollars pour avoir le droit de venir travailler dans le pays.

Les experts ont affirmé que la plupart de cet argent est transféré à des sociétés israéliennes spécialisées dans le recrutement de la main-d’œuvre étrangère par des voies illégales et clandestines.

Les aide-soignants en Israël passent souvent les premières années dans le pays pour rembourser leur dette et acceptent des conditions de travail souvent difficiles et subissent même de la violence, de peur de perdre leur emploi alors qu’ils sont encore endettés auprès d’usuriers à l’étranger.

« Les conclusions de cet article sont extrêmement troublantes », a déclaré Shmuli dans un communiqué, « et importantes à deux égards. Tout d’abord, il y a la question de l’éthique, où les entreprises spécialisées en main-d’oeuvre transformes les prestations de soins – un service essentiel pour les personnes âgées qui en ont besoin – en une sorte de traite des êtres humains. Ensuite, il y a la question de droit, lorsque ces choses se produisent d’une manière cachée et secrète. Mon intention est d’initier une audience d’urgence de la commission du Travail, des Affaires sociales et de la Santé à la Knesset pour évoquer cette question et inviter toutes les parties concernées à discuter de ce phénomène troublant ».

Shmuli est un membre de cette commission ainsi que le président du Lobby des retraités.

Le député de l'Union sioniste Itzik Shmuli vu lors de la conférence du parti travailliste à Tel-Aviv le 14 décembre 2014 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Le député de l’Union sioniste Itzik Shmuli vu lors de la conférence du parti travailliste à Tel-Aviv le 14 décembre 2014 (Crédit : Tomer Neuberg / Flash90)

Le député de la Liste arabe unie, le Dr Dov Khenin, a également réagi avec inquiétude à la lecture de cet article.

« La situation décrite dans l’article est très troublante », a-t-il affirmé. « Nous ne devons pas accepter une situation où les travailleurs non locaux paient des sommes exorbitantes en frais d’intermédiaire pour avoir la capacité de travailler en Israël. Ces intermédiaires dans le domaine de l’emploi sont des entités parasites et nous devons promouvoir la coopération internationale pour lutter contre ce phénomène, qui a des répercussions sévères pour les travailleurs, leurs conditions de travail, et pour la société israélienne qui permet que ces choses aient lieu ».

Le député de la Liste arabe unie Dov Khenin à la Knesset (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

Le député de la Liste arabe unie Dov Khenin à la Knesset (Crédit : Miriam Alster / FLASH90)

Barak Ben-Ezer, le co-fondateur d’une start-up, Neema, qui fournit des services bancaires numériques aux travailleurs étrangers, a contacté The Times of Israel suite à la publication de l’article pour souligner que non seulement les aides-soignants payaient des honoraires élevés aux intermédiaires mais que les taux d’intérêt sur les prêts qu’ils prennent pour payer ces frais pouvaient s’élever entre 5 à 10 % par mois. Ben-Ezer a déclaré que ces chiffres ont été révélés grâce à des questionnaires qu’il a donnés aux travailleurs intéressés par son service ».

Neema, a-t-il expliqué, permet aux travailleurs d’envoyer de l’argent instantanément pour seulement 1 % de commission. A l’avenir, a-t-il dit, Neema pourrait fournir aux travailleurs le prêt à un taux d’intérêt beaucoup plus bas que ceux des usuriers, bien que sa mise en service n’éliminera pas le problème de base : les frais d’intermédiaires illicites qui sont facturés en premier lieu.

« Avec 7 % par an, il est tout simplement trop risqué de prêter aux travailleurs migrants étant donné les taux par défaut et l’absence de recours », a-t-il dit, mais Neema utilise les grandes données générales pour déterminer quels travailleurs sont un risque pour le crédit, réduisant ainsi les taux d’intérêt pour tout le monde.