Le député David Amsalem (Likud) a répondu mercredi à une menace de poursuite en diffamation proférée par le producteur de films Arnon Milchan. Il a déclaré qu’il présentait ses excuses « si » Milchan avait été « personnellement blessé » par ses déclarations.

Il a également noté qu’il avait une immunité parlementaire ce qui lui permet d’être protégé d’éventuelLEs poursuites et a affirmé qu’il ne faisait qu’exprimer son opinion lorsqu’il a suggéré que Milchan cherchait à renverser le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans ses déclarations qu’il a faites à la police dans le cadre de l’enquête pour corruption dont fait l’objet le Premier ministre.

La relation entre Netanyahu et son épouse et Milchan constitue le noyau d’une enquête policière – connue sous le nom de « l’affaire 1 000 » – pour déterminer si les Netanyahu avaient reçu des cadeaux illégaux valant des centaines de milliers de shekels.

Dans une lettre adressée lundi à Amsalem, le représentant légal de Milchan Boaz Ben Zur a donné à Amsalem 48 heures pour se rétracter publiquement et présenter ses excuses pour les commentaires qu’il a faits lors d’une interview diffusée sur la radio de l’armée, dans laquelle Amsalem a également suggéré que Milchan aurait menti aux enquêteurs pour atteindre son but. Les propos d’Amsalem ont été désavoués par Netanyahu.

En réponse à cette menace de Milchan, Amsalem, le président de la commission des Affaires intérieures de la Knesset, a expliqué que les entretiens qu’il a donnés ce jour-là étaient simplement « l’expression de son opinion sur l’interprétation présentée par les enquêteurs que le témoignage de Milchan affectait le gouvernement israélien et le Premier ministre d’une certaine manière », a-t-il écrit en hébreu.

« Si Milchan se sent personnellement blessé, je suis désolé pour ça », a conclu Amsalem.

Lors de son entretien avec la radio de l’armée dimanche, Amsalem a accusé le magnat d’Hollywood lui-même d’être derrière l’enquête policière sur les Netanyahu.

« Ce sont des calomnies violentes, débridées et infondées », a écrit Ben Zur au sujet des accusations d’Amsalem.

« Ce sont de fausses déclarations qui équivalent à de la diffamation ».

Jusqu’à dimanche, Milchan, un important producteur hollywoodien et un ancien espion israélien, avait été dépeint comme un ami proche et un bienfaiteur de Netanyahu et de son épouse, Sara.

Amsalem, cependant, dépeint Milchan comme quelqu’un qui complote contre le Premier ministre.

« Demandez-vous pourquoi Milchan raconte ces histoires », a-t-il déclaré. « Milchan est allé à la police. Quelque chose se passe ici ».

Milchan aurait dit à la police israélienne que les Netanyahou réclamaient du champagne et des cigares qu’il leur aurait fournis, et que cela n’était pas, comme le couple l’a prétendu, simplement des cadeaux faits par pure générosité et amitié.

Benjamin Netanyahu, Shimon Peres et le producteur Arnon Milchan lors d'une conférence de presse, en 2005 (Crédit photo: Flash90)

Benjamin Netanyahu, Shimon Peres et le producteur Arnon Milchan lors d’une conférence de presse, en 2005 (Crédit photo: Flash90)

Amsalem a poursuivi en affirmant que les fuites continues sur les détails de l’enquête étaient conçues pour retourner la population contre Netanyahu.

Interrogé sur ce que Milchan tenterait de faire en faisant cela, Amsalem a répondu : « Faire tomber le Premier ministre ».

« Milchan pourrait mentir », a-t-il ajouté.

Des sources proches de Milchan ont répondu dimanche aux déclarations d’Amsalem en suggérant que le député agissait sur instruction de Netanyahu lui-même.

« C’est gênant et inquiétant de voir la campagne de diffamation qui a été ouverte ce matin par des émissaires agissant au nom des parties intéressées contre un homme qui a consacré sa vie à fortifier la sécurité et la prospérité d’Israël », a déclaré Milchan.

En réponse, le bureau de Netanyahu a nié être à l’origine de toutes tentatives d’entacher la réputation de Milchan. « Il n’y a eu rien de tel. Nous n’avons pas l’intention de répondre à toutes les fausses accusations », a déclaré un responsable cité par les médias hébraïques.

Une deuxième enquête, connue sous le nom de « Affaire 2 000 », tente de déterminer si Netanyahu a négocié un accord avec l’éditeur du journal le plus vendu en Israël. Le Premier ministre aurait proposé de faire avancer une législation pour entraver un journal concurrent, en échange d’une couverture plus favorable.

Ces deux enquêtes menacent l’emprise de Netanyahu sur le pouvoir. Netanyahu nie toute mauvaise conduite.

Dimanche, le chef de la police israélienne, Roni Alsheich, a déclaré que les enquêtes étaient presque terminées.

« Nous savons déjà quelles conclusions nous avons tiré de l’enquête », Alscheich a déclaré aux journalistes, sans donner plus de détails. « Je pense que nous présenterons le dossier au procureur pour qu’il prenne une décision dans les prochaines semaines », a-t-il conclu.