La sécurité habituellement ordonnée de l’entrée de la Knesset a été agitée mardi, lorsque 30 assistantes parlementaires ont tenté d’entrer dans le Parlement en mini-jupes ou en robes, pour protester contre le code vestimentaire, récemment révisé. Plusieurs employées n’ont pas eu l’autorisation d’entrer car elles ne respectaient pas les règles.

Les dizaines d’assistantes parlementaires qui étaient coincées dehors après s’être vu refuser l’entrée par les gardes de la Knesset ont rapidement été rejointes par plusieurs députés tentant de négocier leur entrée.

Pendant ce temps, les employées du Parlement ont été dispersées pour minimiser les perturbations, pendant que des légions de journalistes les observaient.

Des gardes femmes étaient en charge de faire observer le règlement, qui interdit entre autres les mini-jupes et les robes courtes. Elles ont dit aux assistantes que leurs jupes ne devaient pas arriver plus haut que cinq centimètres au-dessus du genou.

Alors que la plupart des assistantes ont finalement pu entrer dans la Knesset, certaines ayant apporté d’autres vêtements, quatre n’ont pas eu le droit d’entrer.

Dans une spectaculaire manifestation de solidarité, le député de l’Union sioniste Manuel Trajtenberg a enlevé sa veste et sa chemise, et a tenté d’entrer en maillot de corps et pantalon. « Demain, vous porterez toutes des burqas », a-t-il lancé ironiquement aux manifestantes.

La manifestation était organisée par une union non officielle d’assistantes parlementaires en réponse aux nouvelles directives, que la Knesset a publiées le mois dernier, et qui s’appliquent à tous les employés, dont les gardiens, les assistants parlementaires, les employés permanents, les étudiants et les stagiaires.

« Celles qui ont pu passer les contrôles des vigiles sont ressorties accompagnées de quelques députés pour exprimer notre solidarité avec les femmes restées bloquées », a déclaré Naama Shahar, porte-parole de la députée de l’Union sioniste Merav Michaeli.

« Tout cela est étrange : nous portons les vêtements que nous avons mis des dizaines de fois. Certaines d’entre nous travaillent à la Knesset depuis trois ou quatre ans et nous n’avons jamais eu ce genre de problème, a-t-elle ajouté. Personne ne nous a expliqué ce changement des règles, c’est inacceptable. »

« L’entrée de la Knesset n’est permise qu’avec une tenue appropriée (pas de débardeurs, de hauts laissant apparaitre le ventre, de shorts, de pantalons longueur trois-quarts, de pantalons déchirés, de vêtements portant des slogans politiques, de jupes et robes courtes, de tongs ou de sabots). Ces règles s’appliquent aux adultes et aux jeunes âgés de 14 ans et plus », peut-on lire sur le site internet de la Knesset.

Le porte-parole de la Knesset, qui a déclaré que les nouvelles directives n’étaient qu’une simplification d’une procédure remontant à plusieurs années, a déclaré que la manifestation n’était « rien de plus qu’une provocation orchestrée qui manque de respect à chacun. »

« Les vigiles hommes et femmes de la Knesset font leur travail pour faire respecter un code vestimentaire en vigueur depuis des années, et assurer un comportement respectueux à l’entrée de la Knesset tout en protégeant la dignité de la Knesset », a-t-il déclaré.

Merav Michaeli, députée de l'Union sioniste, à la Knesset, le 27 février 2013. (Crédit : Flash90)

Merav Michaeli, députée de l’Union sioniste, à la Knesset, le 27 février 2013. (Crédit : Flash90)

Pour Michaeli, il s’agit d’une « tentative d’imposer des normes fondamentalistes », celles des femmes juives religieuses qui se couvrent les jambes, les bras, tout en revêtant un foulard sur la tête ou une perruque.

Moria Silfon, une autre assistante parlementaire, estime que la Knesset est « une institution laïque et non religieuse » et que le code vestimentaire « est discriminatoire, humiliant et honteux envers les femmes ».

La question vestimentaire a déjà provoqué des remous à la Knesset. En 2007, le port de jeans avait été interdit mais, deux ans plus tard, le président du Parlement Reuven Rivlin, devenu ensuite président du pays, avait levé cette mesure.

Les protestations ont commencé lundi, quand Shaked Hasson, assistante de la députée de l’Union sioniste Merav Michaeli, a déclaré qu’elle avait été inspectée par la sécurité et retenue pour n’avoir pas respecté les nouvelles règles.

Le lendemain, il a été appris qu’une autre assistante, qui travaille pour le député de Koulanou Elie Alalouf, avait également été arrêtée à l’entrée de la Knesset et que les gardes lui avaient dit qu’elle ne pouvait pas entrer en raison de sa tenue.

L’AFP a contribué à cet article.