Un tribunal palestinien a condamné mercredi à trois ans de prison Mohammed Dahlane, un des grands rivaux exilés du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, ont indiqué ses avocats à l’AFP.

Mohammed Dahlane, qui vit aux Emirats arabes unis, a été condamné par contumace pour corruption par une cour de Ramallah, en Cisjordanie. Il devra rembourser 16 millions de dollars, a dit Me Salameh Halasseh.

Un autre de ses avocats, Sévag Torossian, a dénoncé cette condamnation comme la poursuite par M. Abbas de l’entreprise visant à éliminer ses adversaires politiques, à commencer par M. Dahlane.

M. Dahlane, 55 ans, ancien puissant chef de la sécurité intérieure à Gaza, est tombé en disgrâce après la déroute de ses forces face aux combattants du Hamas en 2007, quand le mouvement terroriste a pris le pouvoir dans l’enclave palestinienne.

Il a depuis été exclu du Fatah, le parti de M. Abbas et principale composante de l’Organisation de libération de la Palestine. Il est en butte non seulement aux accusations d’avoir détourné de l’argent à des fins personnelles quand il faisait partie de l’Autorité palestinienne dans les années 2000, mais aussi, depuis 2014, à une condamnation par contumace à deux ans de prison pour diffamation.

En 2015, deux cours palestiniennes avaient jugé que M. Abbas avait indûment levé l’immunité parlementaire de M. Dahlane et que les accusations de corruption étaient donc viciées.

Mais, en novembre 2016, la Cour constitutionnelle avait jugé que M. Abbas avait le pouvoir de lever cette immunité sans l’approbation du parlement. Lundi, l’immunité de M. Dahlane, a de nouveau été levée, ainsi que celle de quatre autres parlementaires.

Me Salameh Halasseh a indiqué n’avoir été informé que mardi de l’audience prévue le lendemain contre M. Dahlane.

Le long processus de mise à l’écart politique de M. Dahlane s’était poursuivi il y a une dizaine de jours lors du congrès du Fatah, qui ne l’avait pas reconduit comme membre de son plus haut organe dirigeant.

« Tout a été planifié », a jugé Me Torossian, de la mise en place par M. Abbas de ses hommes à la Cour constitutionnelle jusqu’au congrès du Fatah. Il a dénoncé de la part de M. Abbas « une entreprise de nettoyage » politique. Il s’est ému qu’après la décision favorable à M. Dahlane en 2015, la justice palestinienne juge deux fois les mêmes faits.