Selon un haut-responsable du Hamas jeudi, le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est à durée indéterminée et ne sera pas rompu par le Hamas la semaine prochaine, qui marquera l’expiration du délai d’un mois prévu lors de la trêve pour négocier un cessez-le-feu à long terme.

« Le cessez-le-feu continue et ne durera pas qu’un mois », a déclaré Mahmoud al-Zahar, partisan de la ligne dure et ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Ismail Haniyeh, au quotidien libanais Al-Akhbar. « Mais si l’occupation nous attaque, nous riposterons ».

Les délégations palestiniennes et israéliennes devraient retourner au Caire les prochains jours pour négocier les détails du cessez-le-feu signé le 26 août pour mettre fin à l’opération Bordure protectrice.

Le chef-adjoint du bureau politique du Hamas, Moussa Abu Marzuk, a expliqué au quotidien Al-Quds que son organisation attendait toujours l’invitation des Egyptiens qui devrait arrivée d’ici jeudi « au plus tard ».

Al-Zahar a proclamé que les Palestiniens n’avaient pas besoin d’attendre la permission des israéliens pour construire un port ou un aéroport car les accords d’Oslo autorisaient leurs constructions. L’aéroport international Yasser Arafat de Gaza a été fermé en octobre 2000, peu de temps après le début de la deuxième Intifada. L’armée israélienne l’a détruit entre 2001-2002.

« Si nous prenons la décision interne de construire un aéroport et qu’Israël l’attaque, nous nous attaquerons à leur aéroport », a-t-il affirmé. « Un port… pourrait être construit à n’importe quel endroit à Gaza sur une décision palestinienne. Le consentement d’Israël ne nous concerne pas, nous avons payé le prix [de cette approbation] lors des accords Oslo quand l’OLP a reconnu Israël aux dépens du peuple palestinien ».

Des informations contradictoires ont été publiées, jeudi, sur le fait que le Hamas aurait arrêté les personnes responsables de la première violation de ce cessez-le-feu en lançant un obus de mortier sur Israël mardi soir.

Des sources palestiniennes ont affirmé au quotidien arabe de Londres, A-Sharq Al-Awsat, que les forces de sécurité du Hamas ont arrêté deux djihadistes salafistes qui auraient pris l’initiative de lancer un projectile « sans consulter leurs supérieurs ».

D’après l’article du quotidien, suite à leur arrestation, le Hamas a mis en garde les dirigeants djihadistes de Gaza et leur a affirmé qu’il « ne tolèrerait pas ça et sévirait contre ceux qui essaieront de lancer des roquettes. Il ne permettra à personne de violer l’accord palestinien sur la fin de la guerre et l’adhésion au cessez-le-feu ». Le Hamas a immédiatement informé l’Egypte de l’arrestation, affirme le quotidien, pour faire comprendre aux Israéliens qu’il ne souhaitait pas la reprise des hostilités.

Mais dans son interview accordée au quotidien Al-Quds mercredi, le leader politique Abu Marzouk a réfuté l’information selon laquelle il y avait eu des arrestations

« Ce n’est pas dans nos habitudes de poursuivre les mouvements de résistance », a-t-il soutenu. « Nous allons parvenir à un accord avec les factions derrière l’attaque et l’affaire se règlera certainement avec les factions qui respectent le cessez-le-feu ».

Dans son interview, qui s’est déroulée sur « les ruines de sa maison détruite à Gaza », Zahar critique autant les dirigeants palestiniens – même ceux de son propre mouvement – que les dirigeants israéliens.

Il explique que Mahmoud Abbas est un dirigeant illégitime qui évite intentionnellement d’organiser des élections nationales car il craint que l’issue du vote ne lui soit pas favorable.

« Mahmoud Abbas n’est pas le président de l’unité ni même un président légitime, mais il est resté un président dans les faits. Nous avons coopéré avec lui parce qu’il a été élu un an avant nous, nous lui avons laissé la moitié du gouvernement en vertu de l’accord de la Mecque en 2006. Mais il a voulu nous renverser et a voulu notre mort, par conséquent, il a perdu sa légitimité depuis 2005 et ne nous représente plus politiquement. Son programme a échoué pendant 22 ans… Et de ce fait, il s’est attaqué aux autres ».

Al-Zahar s’en est aussi tacitement pris à son propre dirigeant politique, Khaled Meshaal. Il lui reproche d’avoir choisi de s’installer au Qatar après avoir quitté le quartier général du mouvement en Syrie en 2012. Meshaal a été vivement critiqué pour son train de vie luxueux dans l’Etat du Golfe alors que la population de Gaza souffraient des affres de la pauvreté et de la colère militaire d’Israël pendant l’opération Bordure protectrice.

« Après avoir quitté Damas, il aurait dû aller à Beyrouth. Il y a, là-bas, une grande communauté palestinienne parmi laquelle il aurait pu vivre pour mettre en place un vrai programme politique en coordination avec les personnes présentes sur place. Pourquoi ne s’est-il pas rendu à Beyrouth ? C’est la question que nous devons poser à ceux qui se sont installés à Doha au lieu du Liban ».

Zahar a refusé de répondre à la question sur le fait que l’Iran ait coupé l’aide financière du Hamas après leur départ de Syrie. Il a indiqué que s’il divulguait cette information, elle serait « bénéfique pour Israël ».