Contredisant la position officielle de l’armée et du gouvernement israélien, un document ottoman de propriété de la terre datant à 1881 suggère que le territoire sur lequel le village palestinien de Susya est situé appartient effectivement à des résidents de la zone, a informé dimanche Haaretz.

L’article cite un examen interne effectué la semaine dernière par l’Administration civile, le gouvernement d’autorité militaire d’Israël en Cisjordanie.

La Cour Suprême d’Israël a statué le mois dernier que l’Administration civile avait le droit de démolir les maisons palestiniennes à Susya parce qu’elles avaient été construites sans autorisation.

Les résidents de Susya expliquent qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de construire illégalement parce que l’Administration civile accorde rarement des permis aux Palestiniens dans la zone C de Cisjordanie, une zone contrôlée par l’armée israélienne depuis les Accords d’Oslo de 1993.

Le refus de l’Administration civile d’accorder des permis de construire aux résidents de Susya est basé, entre autre question, sur le manque de documents prouvant la possession de la terre.

Pourtant, le document datant de l’époque ottomane de 1881 a été récemment reconnu à la fois comme anthentique et valide légalement par un officier haut gradé dans l’Administration civile, Moshe Meiri, qui est responsable pour la gestion de la terre en Cisjordanie. Meiri a déclaré que la terre spécifiée dans le document inclut la zone du village palestinien.

Le document mentionnait également un rapport de 1982 par Pliah Albeck, qui était le directeur du Département civil au Bureau du Procureur général, qui déterminait les frontières légales des implantations en Cisjordanie, précisait l’article.

A la suite de la publication du rapport interne, des officiels de l’Administration civile doivent réévaluer s’il faut procéder à la démolition, notait l’article.

Tout au long des années 1990, l’armée a effectué des démolitions à petite échelle à Susya, affirmant que toutes les structures résidentielles sur la terre étaient construites illégalement.

En juillet 2001, le village entier a été détruit un jour après le meurtre de Yair Har Sinaï, un berger de l’implantation juive du même nom qui se situe à proximité. Le village a ensuite été reconstruit, mais il est maintenant sous la menace d’une autre démolition.

En juin, des diplomates des 28 pays membres de l’Union européenne ont voyagé à Susya pour protester contre la décision d’Israël, et il y a deux semaines, les Etats-Unis ont averti Israël de ne pas démanteler les structures du village.

« Nous invitons fortement les autorités israéliennes à n’effectuer aucune démolition dans le village, a déclaré le porte-parole du département d’Etat John Kirsby au cours d’une conférence de presse. Il a ajouté que les évacuations et les démolitions « seraient néfastes et provocatrices ».

Il a incité Israël à travailler avec les résidents du village pour trouver une solution.

JTA a contributé à cet article.