Un Egyptien a été condamné dimanche à la prison à vie pour espionnage au profit d’Israël dans le nord de la péninsule du Sinaï, théâtre d’une insurrection djihadiste, ont indiqué des responsables judiciaires.

Ses deux complices, deux Israéliens dont un militaire, ont été condamnés par contumace à la prison à vie, qui se traduit en Egypte par 25 années derrière les barreaux, ont précisé les responsables.

Le verdict a été rendu par une cour criminelle dans le nord du Sinaï, selon les responsables du tribunal.

Le condamné égyptien, Salamah Mohamed Souleimane, aurait reçu de l’argent ainsi qu’une maison en Israël pour communiquer à ses interlocuteurs des informations concernant l’armée égyptienne et des djihadistes qui ont fait du nord du Sinaï leur bastion, selon les responsables.

M. Souleimane s’est rendu cinq fois en Israël à partir de 2011 pour définir les contours de sa mission, qui « portait atteinte aux intérêts nationaux de l’Egypte », selon l’acte d’accusation.

Ce type de procès est relativement courant en Egypte. En mars, un Egyptien a été condamné à la prison à vie et une Egyptienne à 15 ans de prison pour des accusations similaires. Leurs complices israéliens ont également été condamnés par contumace à la prison à vie.

Profitant de l’anarchie et du chaos qui ont suivi la révolte qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir en 2011, des djihadistes ont réussi à étendre leur influence dans le nord de la péninsule du Sinaï, qui jouxte Israël et la bande de Gaza palestinienne.

Le principal groupe djihadiste égyptien, Ansar Beït al-Maqdess, est d’ailleurs apparu en 2011 avec comme objectif revendiqué de s’en prendre à l’Etat hébreu et d’empêcher la coopération égypto-israélienne, deux pays liés par un traité de paix.

Mais depuis la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en 2013, le groupe, qui a récemment fait allégeance à l’organisation Etat Islamique, s’en prend essentiellement aux forces de sécurité dans le Sinaï, disant agir en représailles à la sanglante répression lancée contre les pro-Morsi par le pouvoir en place.