Dans un contexte de débat autour de la question de la limitation de l’abattage rituel des animaux en Belgique, un chef de la communauté juive du pays a demandé aux législateurs de « ne pas répéter les actes des nazis ».

Cette déclaration faite jeudi par Philippe Markiewicz, président de l’organisation du Consistoire de la communauté juive de Belgique qui offre des services religieux, est inhabituelle dans la mesure où les représentants de la communauté juive belge établissent rarement des comparaisons entre les questions qui se posent aujourd’hui et l’occupation nazie, qui reste un sujet sensible en Belgique.

« Le dernier assaut contre l’abattage rituel a eu lieu en octobre 1940 sous l’occupation nazie parce que ces derniers savaient combien il était important pour les Juifs », a déclaré Markiewicz durant un discours prononcé dans la ville de Namur, au parlement de Wallonie, l’une des trois régions autonomes qui forment le royaume fédéral de Belgique.

« Je vous implore de ne pas répéter cet acte », aurait-il dit, des propos repris par l’agence de presse Belga.

Markiewicz s’est adressé aux législateurs durant un débat consacré à l’imposition de nouvelles limitations pour l’abattage des animaux sans étourdissement préalable – un prérequis dans le shehita, le nom en hébreu pour l’abattage casher des animaux et sa variante musulmane.

De nombreux législateurs de Wallonie se sont opposés à l’allusion faite par Markiewicz à l’occupation nazie, selon l’agence de presse Belga.

Mardi, Carlo Di Antonio, ministre de la région wallone pour le bien-être animal, a expliqué aux journalistes qu’un accord sur l’interdiction effective de tels abattages avait été trouvé et qu’il serait appliqué dès le mois de juin 2018, a rapporté le site d’informations Le Vif.

Cette initiative prise dans la région wallone – qui ne compte que quelques centaines de Juifs – suit un accord souscrit le mois dernier qui impose des limitations à l’abattage rituel dans la région flamande où vit la moitié de la communauté juive de Belgique, qui compte 40 000 personnes. Les 20 000 autres sont installés dans la région de Bruxelles.