Lors d’une conférence de la paix au Chili, l’ambassadeur palestinien dans le pays a cité le texte antisémite tsariste Les Protocoles des Sages de Sion comme preuve que le sionisme a été créé pour dissimuler un plan juif pour la domination du monde.

Imad Nabil Jadaa a également affirmé à la Conférence pour la paix en Palestine et en Israël, qui s’est tenue à Santiago, au Chili, le 15 mai, qu’il n’y a « pas de peuple juif » et que les Palestiniens ne reconnaissent pas l’existence d’un peuple juif.

« Jusqu’à 1896, lorsque un groupe d’intellectuels universitaires, de conseillers financiers, pour la plupart des Européens non juifs, a décidé de créer le mouvement sioniste avec un prétexte/excuse ; la création d’une patrie pour le peuple juif », a-t-il dit. « Alors que la vérité est que l’objectif était de protéger leur plans de domination sur l’ensemble de la planète. »

« Selon le livre Les Protocoles des Sages de Sion, publié en 1923, découvert par Lénine après la fin du triomphe de la révolution bolchevique en Russie, ils mentionnent la destruction des valeurs morales des autres religions », a poursuivi Jadaa.

« Dans ce livre, ils ont fomenté des plans de manipulation de l’appareil financier, économique et industriel du monde entier. Ils traitent de la manipulation des forces politiques locales des différents pays. »

Jadaa, né à Beyrouth, représente l’Autorité palestinienne dans un pays qui a souvent été en désaccord avec Israël sur la question palestinienne, rappelant même son ambassadeur en Israël pendant la guerre de l’été dernier avec le Hamas à Gaza.

Une traduction en anglais des déclarations de Jadaa, livrées en espagnol, a été publiée la semaine dernière par l’Institut pour l’étude de l’antisémitisme et de la politique mondiale (ISGAP).

Dans son discours prononcé en mai, Jadaa a également fait valoir que les Juifs ne forment pas un peuple distinct.

« A propos de la haine que nous éprouvons contre le peuple juif, en tant que Palestiniens, d’abord, nous ne ressentons pas de haine. Deuxièmement, nous ne reconnaissons pas l’existence du peuple juif – il n’y a pas de peuple juif », a déclaré Jadaa.

« Ce n’est pas mon analyse personnelle. Nous pouvons ici nous référer au professeur juif israélien de l’Université de Tel-Aviv, Shlomo Sand, et à son livre L’Invention du peuple juif. Un Juif avec un passeport israélien annonce que la nation dite juive est en fait une invention. Parce qu’une religion ne peut être un peuple. »

Certains commentaires de Jadaa reflètent une opinion largement répandue au Moyen-Orient et font écho à la rhétorique des dirigeants palestiniens ou iraniens.

La reconnaissance d’Israël comme un Etat-nation juif par les Palestiniens était une exigence israélienne clé dans les pourparlers de paix infructueux de l’an dernier, menés sous l’égide des Etats-Unis. Elle est toujours exigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Fondé en 2004, l’ISGAP se décrit comme « le premier centre de recherche interdisciplinaire dédié à l’étude de l’antisémitisme basé en Amérique du Nord ».