Un enfant de 4 ans, d’une famille orthodoxe, a été frappé à la tête lors d’une attaque de haine présumée à Auckland, en Nouvelle Zélande, au cours du mois de novembre.

L’agression a eu lieu le 14 novembre alors que le garçon rentrait de l’école avec sa mère, son frère et un ami – mais les nouvelles de cette agression n’ont été rendues publiques que dimanche.

Le nouveau président du Conseil juif de Nouvelle Zélande, Stephen Goodman, a déclaré que son organisation a décidé de retenir la publication des faits afin que la police locale ait suffisamment de temps pour faire son enquête sur l’incident.

Goodman a déclaré au Times of Israel que l’attaque semblait être motivée par le racisme. La mère du garçon, qui a demandé à ne pas être identifiée par son nom, a rapporté qu’un homme « d’apparence moyen-orientale » d’environ 20 ans, s’est approché d’elle et des enfants, et a tapé son fils fort sur le dessus de sa tête, puis a couru vers une voiture garée avec quatre personnes à l’intérieur.

Selon la mère, qui a couru à la maison d’un ami pour signaler l’incident à la police, les personnes à l’intérieur de la voiture ont ri et sont repartis dès que l’auteur s’est trouvé à l’intérieur.

L’enquête de la police sur l’incident est en cours. Toutefois, des responsables juridiques du pays, contrairement à la communauté juive, n’ont pas officiellement caractérisé l’attaque comme un crime de haine.

« Nous travaillons avec la police pour obtenir une rapide résolution de l’incident. Ils craignent que cela puisse être un crime haineux, mais font preuve de prudence sur la qualification à ce stade » a expliqué Goodman.

L’incident est le troisième ces derniers mois dans lequel des jeunes Juifs Néo Zélandais sont visés, mais il s’agit du premier dans lequel la violence physique a été impliquée.

En août, une jeune fille se promenait avec son père à travers une gare dans le centre d’Auckland quand un groupe d’hommes du Moyen-Orient les a traités en arabe de « cochons juifs ». En octobre, un groupe d’hommes a crié « F-cking Jews ! » à un garçon à Remuera, dans la banlieue d’Auckland.

« Avec l’opération Bordure protectrice et les autres événements au Moyen-Orient, il y a eu une augmentation notable des incidents antisémites » a déclaré Goodman, se référant à la récente guerre d’Israël contre le Hamas à Gaza.

« La profanation des tombes était le dernier incident antisémite majeur, » a-t-il expliqué, se référant aux actes de vandalisme qui ont eu lieu il y a deux ans dans le cimetière juif de Karangahape Road à Auckland.

Depuis lors, il y a eu un certain nombre de ce que Goodman a qualifié d’ « incidents mineurs », tels que des graffitis antisémites, et des messages offensants par e-mail et via les médias sociaux.

Il y aurait également eu l’affichage de croix gammées et des drapeaux israéliens brûlés lors des rassemblements pro-Gaza.

L’antisémitisme a également fait son apparition dans les élections nationales de septembre dernier, lorsque des insultes racistes ont été lancées au Premier ministre sortant John Key, dont la mère, juive, Ruth Lazar, a réussi à quitter l’Europe à la veille de la Shoah.

Des panneaux d’affichage de la campagne de Key ont été détériorés, et Steve Gibson, un candidat du Parti travailliste, a décrit Key comme un « Shylock méchant au ricanement vindicatif » dans un message posté sur Facebook.

Key a finalement été réélu pour un troisième mandat, avec son Parti national et a remporté 61 des 121 sièges du Parlement néo-zélandais.

Un recensement de 2005 a révélé qu’il y avait 6 000 Juifs vivant dans l’île [sur une population de près de 4,5 millions d’habitants]. Goodman estime que le nombre est plus élevé, et qu’il avoisine peut-être les 20 000. Plus de la moitié de la communauté juive vit à Auckland, et un quart à Wellington. Il y a également des communautés à Hamilton, Christchurch, Nelson et Dunedin.

Goodman ne voudrait pas voir la situation se détériorer pour les Juifs en Nouvelle-Zélande au point où ils se sentiraient mal à l’aise pour porter des symboles juifs en public.

Même si pour Goodman, les Néo-Zélandais sont d’accord avec le fait que l’activité antisémite et raciste n’a pas sa place dans le pays et doit être traitée de façon appropriée, les inquiétudes des Juifs sur la sécurité sont réelles et prises au sérieux.

« Des préoccupations ont été soulevées depuis quelques mois et cet incident a servi à augmenter le niveau de vigilance, » a fait savoir Goodman, se référant à l’attaque de l’enfant de 4 ans.

« Un durcissement des mesures de sécurité a été mis en place, et nous continuons, à ce jour, à ne pas dissimuler ce qui est perçu comme des symboles juifs, » a-t-il ajouté.