L’ancien président iranien Mohammad Khatami s’est vu imposer de nouvelles restrictions avec l’interdiction de participer à tout évènement public pour une durée de trois mois, a indiqué vendredi un journal de l’opposition.

L’ex-président Khatami (au pouvoir de 1997 à 2005) n’avait déjà pas le droit d’apparaître dans les médias depuis les manifestations de 2009 contre la réélection contestée à la présidence de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Le Tribunal spécial du clergé a envoyé une lettre à Khatami lui demandant de « ne prendre part à aucune cérémonie politique » ou événement public pendant trois mois, a rapporté vendredi le journal d’opposition Kalemeh, sans préciser la date de l’envoi.

L’interdiction vaut aussi pour les réunions et rassemblements, les performances théâtrales et les concerts. Les responsables gouvernementaux ainsi que les membres de syndicats étudiants ont également l’interdiction de le rencontrer.

La lettre dont fait état Kalemeh aurait été signée par le chef du Tribunal spécial du clergé, Ebrahim Raissi, candidat conservateur malheureux à l’élection présidentielle de mai.

Ali Motahari, député iranien considéré comme modéré, au parlement, à Téhéran, en août 2016. (Crédit : Tasnim News Agency/CC BY 4.0/WikiCommons)

Ali Motahari, député iranien considéré comme modéré, au parlement, à Téhéran, en août 2016. (Crédit : Tasnim News Agency/CC BY 4.0/WikiCommons)

Des responsables ont nié l’existence de cette lettre ou de nouvelles restrictions, ont rapporté jeudi les agences de presse Fars et Mehr, proches des conservateurs.

Le parlementaire Ali Motahari a en revanche critiqué les nouvelles mesures qui, selon lui, sont illégales et ont été prises sans que Khatami ou ses avocats ne soient consultés.

« Nous avons une bonne Constitution et le Parlement a conçu de bonnes lois mais certains conseils et institutions comme le Tribunal spécial du clergé contournent la Constitution et le Parlement et mènent le pays vers l’autocratie […] », a-t-il déploré, dans des propos relayés par l’agence de presse semi-officielle Isna.

Selon lui, la décision d’imposer de nouvelles restrictions à l’ancien président réformateur pourrait être utilisée par les Etats-Unis pour accuser l’Iran de violations des droits de l’Homme, à un moment où ils cherchent des motifs pour se retirer de l’accord sur le nucléaire.

« Ceux qui ont pris cette décision l’ont-ils fait par ignorance ou ont-ils un plan pour mettre un terme plus rapidement » à l’accord nucléaire ?, s’est interrogé le député iranien.

Le président américain Donald Trump, qui juge que l’Iran ne respecte pas « l’esprit » de l’accord nucléaire, devrait annoncer la semaine prochaine qu’il ne le « certifie » pas, selon des sources concordantes, citées par les journaux américains Washington Post et New York Times.

Cet accord conclu en 2015 prévoit la limitation du programme nucléaire iranien à un usage civil en échange de la levée des sanctions internationales.