Un journal israélien a souligné cette semaine que deux des 17 suspects arrêtés dans l’affaire du braquage de Kim Kardashian West étaient juifs, et pour un commentateur de la télévision de l’Autorité palestinienne, ceci est suffisant pour accuser « les juifs » du casse.

« Les juifs qui ont volé la chanteuse [sic] Kim Kardashian ont été arrêtés. Il se trouve qu’ils sont juifs », a déclaré mercredi Fayez Abbas, présenté comme « expert des affaires israéliennes » par la chaîne pendant l’émission « Palestine ce matin ».

Abbas a omis de parler à son public des 15 autres suspects, et notamment des deux cerveaux présumés, qui seraient Algériens.

Abbas a fondé sa remarque sur un article publié en hébreu par le quotidien Yedioth Ahronoth, qui annonçait que deux des suspects auraient des origines juives.

Un invité d'une émission palestinienne a affirmé que les juifs avaient volé les bijoux de Kim Kardashian à Paris, parce que "les juifs sont des voleurs". (Crédit : capture d'écran YouTube/PMW)

Un invité d’une émission palestinienne a affirmé que les juifs avaient volé les bijoux de Kim Kardashian à Paris, parce que « les juifs sont des voleurs ». (Crédit : capture d’écran YouTube/PMW)

« C’est ce qui écrit, ce n’est pas moi qui dis qu’ils sont des voleurs. C’est écrit dans Yedioth Ahronoth, ça ne vient pas de moi. Il est écrit ‘juifs’ », a déclaré Abbas, selon l’association Palestinian Media Watch, qui étudie les médias palestiniens.

« Ce sont des voleurs. En d’autres termes, ils volent des terres ici aussi, non ? Mais la bague de fiançailles, qui vaut cinq millions de dollars, n’a pas été retrouvée. Ils ne l’ont pas trouvée. Les juifs l’ont cachée et l’ont transformée en autre chose », a déclaré Abbas.

Six suspects, dont le cerveau présumé du braquage contre Kim Kardashian en octobre à Paris, ont été inculpés et incarcérés vendredi, portant à dix le nombre de personnes mises en cause dans cette affaire.

Parmi les personnes inculpées figurent quatre des cinq membres présumés du commando de braqueurs, âgés de 54 à 72 ans, dont le chef présumé, âgé de 60 ans.

Selon le parquet de Paris, ces quatre suspects ont été mis en examen pour vol avec arme en bande organisée, enlèvement et séquestration et association de malfaiteurs. Les mêmes faits ont été retenus à l’encontre du fils du « chef », âgé de 29 ans, qui aurait fait le chauffeur. La sixième personne mise en examen est une femme.

Tous ont été placés en détention provisoire.

L’enquête met en lumière le profil d’hommes expérimentés et connus depuis longtemps dans le milieu français du banditisme : quatre ont déjà été condamnés dans les années 80 ou 90, pour vol aggravé, braquage ou trafic de stupéfiants.

Des policiers français montent la garde devant l'entrée de l'hôtel de Kim Kardashian, rue Tronchet, près de la Madeleine, après le vol des bijoux de la star, le 3 octobre 2016. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

Des policiers français montent la garde devant l’entrée de l’hôtel de Kim Kardashian, rue Tronchet, près de la Madeleine, après le vol des bijoux de la star, le 3 octobre 2016. (Crédit : Thomas Samson/AFP)

L’ADN d’un des inculpés avait été retrouvé rapidement sur un des liens qui ont servi à entraver la starlette de 36 ans. Il avait alors été mis sous surveillance et ses contacts ont permis de remonter au reste de l’équipe.

Connu dans le milieu du grand banditisme, cet homme avait été condamné en 1985 à sept ans de prison pour vol aggravé.

L’un des autres braqueurs présumés, un homme de 61 ans surnommé « Yeux bleus », est une vieille connaissance de la justice, depuis 1975 ! Il a notamment été condamné en 2003 à huit ans et demi de prison, soupçonné d’avoir réceptionné deux tonnes de drogue à l’aéroport parisien du Bourget.

Le doyen de l’équipe, 72 ans, avait été condamné à six ans de prison pour trafic de stupéfiants en bande organisée. Quant au cadet, âgé de 54 ans, il compte neuf mentions sur son casier judiciaire. Son avocat, Manuel Abitbol, s’est dit « scandalisé » par cette mise en cause, arguant que son alibi n’avait pas été vérifié.