La production en Nouvelle-Zélande de la comédie musicale « Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat », parrainée par un conseil municipal, a été obligée de présenter des excuses au célèbre compositeur Tim Rice après avoir supprimé « Israël » des paroles de l’une des chansons.

Les organisateurs du festival ont indiqué qu’ils faisaient de leur mieux pour « simplifier la vie » des élèves qui montent sur scène, mais ils n’ont pas expliqué pourquoi le mot « Israël » leur avait semblé problématique.

Cette substitution a été révélée par une utilisatrice de Twitter, Kate Dowling, qui a noté vendredi que dans la chanson « Close Every Door », « Children of Israël » (enfants d’Israël) avait été changé en « Children of kindness » (enfants de la bonté).

Elle a donc écrit au conseil municipal de Wellington ainsi qu’à Rice, ce dernier forme un célèbre duo d’auteurs-compositeurs avec Andrew Lloyd Webber, afin de demander des clarifications.

Le changement des paroles s’est produit pendant le festival Artsplash, qui se déroule dans la capitale de Nouvelle-Zélande et auquel participent 10 000 élèves d’écoles élémentaires. Le festival a distribué les paroles des chansons aux participants avec les paroles modifiées dans l’une des chansons les plus connues.

La comédie musicale, écrite par Rice et Andrew Lloyd Webber, raconte le récit biblique de Joseph et des Israélites qui ont quitté la terre de Canaan pour aller en Egypte.

Dans l’histoire de la Bible comme dans la comédie musicale, le mot « Israël » ne se réfère pas au pays mais à Jacob, qui avait un autre nom, et les « enfants d’Israël » désignent Joseph et ses frères.

Rice s’est dit mécontent de ce changement, tweetant : « C’est un changement totalement non-autorisé des paroles de la part de @WgtnCC. De plus, c’est terriblement gnangnan et c’est une altération qui n’a pas de sens. »

Il a demandé des explications au conseil municipal de Wellington sur Twitter.

« Veuillez expliquer le changement des paroles de Joseph : ‘children of Israël’ en ‘children of kindness’. Permission refusée. Tim Rice. »

Cette représentation d’Artsplash est partiellement financée par le conseil municipal, mais son porte-parole Richard MacLean a indiqué au site internet néo-zélandais Stuff que le conseil n’était pas impliqué dans les modifications apportées aux paroles.

Mary Prichard, coordinatrice d’Artsplash, a déclaré à Stuff que les organisateurs voulaient « simplifier la vie » des enfants d’écoles primaires, même si elle n’a pas ajouté pourquoi le mot « Israël » aurait pu compliquer l’existence des élèves.

Prichard a également indiqué que la production avait abandonné deux autres chansons de la comédie musicale, disant : « cela ne vaut pas le coup. Cela ne vaut pas le coup de chercher des problèmes ».

« Nous avons toujours cherché à avoir une musique qui puisse parler et s’intéresser aux enfants de tous les pays, de toutes les origines, a ajouté Prichard. On a décidé que ce petit changement d’un mot serait fait. C’est manifestement tombé à plat. »

Apprenant que trois des dix chansons allaient être supprimées de la comédie musicale, Rice a tweeté que soit Artsplash faisait la totalité du spectacle, soit il ne le faisait pas du tout.

Le conseil s’est rapidement excusé pour le changement, affirmant qu’il réglera la situation et garantira que toutes les chansons originales et non altérées figurent dans la production.

Le conseil a également déclaré que l’incident avait pour origine une erreur de jugement.

Stephen Goodman, président du Conseil juif de Nouvelle Zélande, a expliqué que cet incident illustrait ce type d’affaire dans lesquelles « les gens tentent d’être politiquement correct même quand il n’est pas nécessaire de le faire ».

En conséquence, Prichard a fait part de ses excuses en répondant à un utilisateur Facebook : « vous avez toute ma garantie qu’il s’agissait d’une erreur non-intentionnelle et innocente de la part de mon équipe, et je présente mes excuses pour cela. La personne concernée, et moi-même dans cette affaire, sommes religieuses et nous n’aurions jamais pu faire quelque chose de raciste ou de défavorable à une religion intentionnellement. »

Elle a également déclaré dirigé Artsplash depuis 30 ans et souligné qu’elle a « toujours inclus des enfants de toutes les origines, dont des Juifs ».

L’incident a mené un commentateur sur Facebook à ironiser sur le fait que peut-être le joueur de rugby néo-zélandais Israel Dagg devrait dorénavant changer son nom pour Kindness Dagg avant le prochain match.