Un membre du Conseil révolutionnaire du Fatah a contesté les déclarations du porte-parole du Hamas qui affirme que le mandat du gouvernement d’unité a pris fin.

Faisal Abu Shahla a affirmé à l’agence de presse palestinienne Maan qu’il n’y avait jamais eu d’informations indiquant que le mandat du gouvernement prendrait fin si celui-ci ne complétait pas les étapes qu’il devait suivre.

Ces étapes comprenaient l’organisation d’élections dans les six mois après la signature de l’accord. Le pacte de réconciliation nationale avait été signé le 2 juin.

« Si le mouvement du Hamas se rétracte au sujet de l’accord de réconciliation et sur la fin de notre rivalité, alors cela serait une autre affaire », a-t-il ajouté.

Abu Shahla répondait aux commentaires du porte-parole du Hamas. Sami Abu Zuhri avait soutenu, plus tôt dans la journée, que le mandat du gouvernement d’unité avait pris fin.

Abu Zuhri a souligné lors d’une conférence de presse à Gaza que toute décision concernant le futur du gouvernement d’union ne seraient prises que par le biais du dialogue national et par un consensus. Il a poursuivi en affirmant que le Hamas souhaitait maintenir l’unité palestinienne.

Abu Shahla a aussi indiqué que les pourparlers pour une réconciliation avaient été suspendus. Le Fatah souhaite que le Hamas lui apporte des éclaircissements au sujet d’une série d’attentats à la bombe menés contre les biens de responsables du Fatah à Gaza. Ces attaques ont eu lieu début novembre et ont entraîné l’annulation de la cérémonie de commémoration du chef palestinien Yasser Arafat à Gaza.

Un accord « détaillé » avait été signé en septembre. Il visait à installer le gouvernement d’unité à Gaza et était le sixième accord officiel signé entre les deux factions rivales. Les questions les plus sensibles avaient été laissées de côté. Aucune solution n’avait été trouvée au sujet des salaires des employés du Hamas à Gaza, des forces de sécurité qui contrôleraient les territoires côtiers et les passages frontaliers.

Les rivaux palestiniens avaient mis en place un gouvernement d’union de technocrates indépendants en juin, mais il n’a jamais pris racine. Le président de l’AP Mahmoud Abbas avait accusé le Hamas de diriger une administration « parallèle » en tant que dirigeant de fait de la bande de Gaza.

Le Hamas a à son tour accusé l’Autorité palestinienne d’Abbas, basée à Ramallah, de ne pas payer ses 45 000 employés à Gaza. Les tensions semblent avoir pris de l’ampleur après l’opération Bordure protectrice. Le Fatah affirme que le comportement du Hamas lors de la guerre entre Hamas et Israël a entraîné de lourdes pertes de vie et d’importants dommages qui sont inacceptables.

Le mois dernier, l’Autorité palestinienne a accusé le Hamas d’être responsable de la vague d’attentats à la bombe qui a frappé 10 maisons et des voitures appartenant à des membres du Fatah dans la bande de Gaza.

Abu Zuhri a, pour sa part, dénoncé les arrestations de centaines de membres du Hamas en Cisjordanie par l’Autorité palestinienne. Il les a qualifiées d’arrestations politiquement motivées et d’ « actes criminels » lors de la conférence de presse dimanche.

La montée des tensions, l’hostilité et la suspicion entre les deux factions rivales ont éclipsé l’effort de reconstruction de Gaza et les ont empêchées de fixer une date pour les élections conjointes comme le stipulait l’accord.

Tamar Pileggi et les agences de presse ont contribué à cet article.