Un ex militaire français converti à l’islam et « radicalisé » a été arrêté dimanche au Maroc à sa descente d’avion en provenance de France avec des couteaux, une cagoule et une bonbonne de gaz dans son bagage, ont indiqué mercredi les autorités françaises.

Cet homme, un temps assigné à résidence pour trois mois, avait quitté la France de l’aéroport de Nantes (ouest). Il a été arrêté à Fès dans le nord du Maroc au terme d’un vol direct de la compagnie Ryanair, selon les mêmes sources, confirmant des informations d’un quotidien local, Presse-Océan.

Manuel Broustail avait été interpellé en novembre à Angers (ouest) après les attentats jihadistes de Paris puis assigné à résidence jusqu’à la mi-février.

Selon une photo diffusée par des médias marocains, dont le site Goud.ma et le journal Assabah, le bagage semblait contenir au moins quatre couteaux de cuisine, une machette, deux canifs, une matraque rétractable, une cagoule noire, une bonbonne de gaz et d’autres objets plus difficilement identifiables.

Dimanche, Manuel Broustail s’est présenté à l’embarquement pour le Maroc, et rien ne lui interdisait de quitter le territoire français, ont souligné les autorités françaises.

Depuis les attentats de Paris (130 morts, des centaines de blessés), commis le 13 novembre par au moins trois commandos, la France a été placée sous le régime de l’état d’urgence, qui facilite les perquisitions et les arrestations. Les milieux radicalisés font l’objet d’une surveillance accrue.

« Dans le cadre de la coopération entre la France et le Maroc », l’individu avait été signalé aux autorités marocaines « et sa prise en charge (à l’aéroport de Fès) n’est pas complètement un hasard », a-t-on fait valoir de mêmes sources.

D’après les autorités françaises, le bagage emporté en cabine par Manuel Broustail a bien été contrôlé lors de l’embarquement et ne contenait rien de suspect. Son bagage en soute a été contrôlé par des détecteurs électroniques d’explosifs, qui n’ont pas réagi.

La bonbonne de gaz, de type réchaud de camping, est un combustible, pas un explosif, ont ajouté les autorités françaises, en assurant que « toutes les procédures de sécurité ont été respectées » à l’aéroport de Nantes.

Selon la réglementation en vigueur, toutes les matières inflammables, y compris les bouteilles de gaz, sont interdites en soute. Tous les couteaux et types de lames sont en revanche autorisés.

Selon des sources proches de l’enquête, l’homme avait emménagé au Maroc avec sa femme à l’été dernier. Il était revenu en France pour vendre son appartement.

Interrogée, la compagnie aérienne irlandaise Ryanair a affirmé que l’affaire relevait « des autorités de sécurité de l’aéroport de Nantes ».

Selon la police et la notification de son arrêté d’assignation à résidence, Manuel Broustail est né à Rouen en août 1984. Il a été radié de l’armée en août 2014, après avoir fait l’objet d’un signalement en avril 2013 pour sa radicalisation qui serait intervenue lors d’une mission à Djibouti en 2008 pour le compte du 6e régiment du Génie d’Angers.

Depuis, selon les services de renseignement, il s’était affirmé comme le leader d’un groupe de musulmans radicalisés à Angers, organisant même à l’occasion « des entraînements de type paramilitaire », dont l’un quelques jours seulement après les attentats du 13 novembre.

Au printemps 2015, il a fait part de son désir de partir s’installer dans un pays musulman, en l’occurrence le Maroc, où il a trouvé un pied à terre à Sefrou, près de Fès. Sa femme et sa fille sont venues le rejoindre en juin 2015, après quoi il est revenu en France pour régler des formalités administratives et personnelles.

Toujours selon le renseignement, il représentait « une référence en matière de pratique religieuse fondamentaliste auprès de la mouvance radicale musulmane » à Angers. Et visitait régulièrement un détenu de la maison d’arrêt qui avait fait part de son projet de partir pour la Syrie.

Une autre photo publiée par les médias marocains le montre le cheveu ras, porteur d’une longue barbe broussailleuse. Manuel Broustail avait contesté en vain son assignation à résidence devant le tribunal administratif.