Un Israélien de 64 ans, leader polygame d’une secte, a été condamné mardi à 30 ans de prison pour plusieurs crimes sexuels, notamment viol et inceste, ont rapporté des médias.

L’avocate de Goël Ratzon a indiqué qu’elle étudiait le jugement avant de décider de faire, ou non, appel. « C’est une sentence sévère et grave », a déclaré Me Ravital Hotzer à la radio et la télévision.

Ratzon avait été inculpé en 2010 pour des faits d' »esclavagisme », abus sexuels et viols commis sur 21 femmes qu’il considérait comme ses « épouses » — bien qu’il n’ait été légalement marié avec aucune d’entre elles. Il était également accusé d’esclavagisme envers les 38 enfants qu’il avait eu avec ces femmes et de viols sur certains d’entre eux.

Il a été reconnu coupable le mois dernier de plusieurs viols et autres crimes sexuels envers six femmes et filles, mais a été acquitté des accusations d’esclavagisme.

« La plupart des femmes étaient mineures au moment des crimes, certaines étaient ses propres filles », a précisé le quotidien Haaretz.

Ratzon, cheveux longs mais clairsemés et barbe grise, est resté immobile sur sa chaise mardi dans le prétoire de Tel Aviv.

Les trois juges l’ont également condamné à quatre années supplémentaires de prison, avec sursis, selon la radio publique.

Avant son arrestation, Ratzon était connu depuis des années comme le gourou d’une secte dont les adhérents, toutes des femmes, l’adulaient, avaient des relations sexuelles avec lui et accouchaient de ses enfants.

« L’accusé avait piégé les femmes au sein d’un groupe qui prenait la forme d’une pseudo-famille construite autour du culte de sa propre personnalité », selon l’acte d’accusation.

Et pour parvenir à ses fins, il « s’était donné l’image d’un être tout puissant capable de guérir ou de détruire par le seul pouvoir de ses malédictions » celles qui s’opposaient à lui, selon le texte.

« L’accusé traitait ses femmes comme si elles lui appartenaient et devaient le servir (…) à travers ce contrôle total, les femmes finissaient par effacer leur personnalité pour dévouer leur existence à satisfaire ses besoins, notamment financiers et sexuels », souligne l’acte d’accusation.

Lors de son arrestation, en janvier 2010, la police avait découvert 10 femmes et 17 enfants enfermés dans un appartement de trois pièces dans « des conditions épouvantables ».

Ratzon avait instauré un régime de terreur, surveillant les femmes et les enfants par le biais de caméras placées dans leurs appartements.

« J’ai le pouvoir de sauver et le pouvoir de détruire. Si tu outrepasses mes interdits alors je m’assurerai que toi et tes enfants soient frappés par de graves maladies », menaçait-il, selon un témoin cité par l’acte d’accusation.