Un reportage télévisé israélien diffusé mardi soir a affirmé qu’une politique récemment appliquée par les douanes américaines pour étiqueter les produits de Cisjordanie n’était pas qu’une simple formalité, mais un changement de la politique gouvernementale « sous le radar » vis-à-vis des implantations.

Le mois dernier, Washington a publié un rappel disant que les produits importés de Cisjordanie ou de la bande de Gaza ne devait pas être étiqueté « Fabriqué en Israël », en accord avec une loi de 1995.

Le rappel a déclenché un débat après la suggestion de certains médias que Washington durcissait sa position contre l’activité d’implantation israélienne, une affirmation que les officiels américains ont démentie.

Mais, selon un reportage de la Deuxième chaîne qui citait le groupe israélien Le forum légal pour Israël, la législation originale était conçue pour ne s’appliquer qu’aux produits palestiniens fabriqués dans des zones sous contrôle palestinien.

Le rappel « très, très étrange et inhabituel » pour appliquer cette politique « signifie que pendant 20 ans, les douanes américains ont fait une erreur ou ont mal interprété la directive », a dit le reportage télévisé. « Ce très inhabituel pour les Américains. »

Le reportage télévisé a ensuite cité le groupe dénonçant ce qu’il appelle le « bluff » des Etats-Unis. Le forum légal pour Israël a maintenu que la loi initiale ne se référait qu’aux produits palestiniens, alors que les nouvelles instructions pour apposer l’étiquette « Fabriqué en Cisjordanie » s’appliqueraient aussi sur les produits fabriqués dans les implantations israéliennes.

L’organisation a cité un document de 1995 des douanes américaines, qui semble établir que la politique ne s’applique pas aux implantations juives, à Jérusalem, et aux sites militaires en Cisjordanie. Le Times of Israël n’a pas encore pu vérifier la véracité des explications du Forum sur la loi. Le reportage n’a pas précisé si l’étiquetage avait été réintroduit depuis que la directive a été republiée en janvier.

L’ONG a accusé le département d’Etat d’être malhonnête avec le public américain, et avec Israël. Washington avait effectivement commencé à étiqueter les produits de Cisjordanie « sans la pression » qu’a due affronter l’Union européenne et « sous le radar », a-t-elle accusé.

Les officiels américains ont démenti ces affirmations, déclarant à la Deuxième chaîne que le département d’Etat n’était pas impliqué dans la décision des douanes américaines.

Le reportage télévisé a maintenu que bien que le sujet agite le Congrès américain, le gouvernement israélien est resté silencieux, reconnaissant que s’exprimer pourrait « causer plus de mal que de bien ».

Fin janvier, le porte-parole du département d’Etat Mark Toner a déclaré que la décision américaine de republier la directive sur l’étiquetage avait été prise après des plaintes selon lesquelles certains produits de Cisjordanie avaient été mal étiquetés avant leur exportation aux Etats-Unis.

« Les services américains de la douane et de la protection des frontières ont republié la directive sur leur demandes d’étiquetage, avait-il déclaré aux journalistes. Cela ne remplace en aucun cas les règles ou régulations précédentes. Et cela n’impose pas non plus de demandes supplémentaires aux marchandises importées de Cisjordanie, de la bande de Gaza ou d’Israël ».

L’Union européenne a récemment annoncé qu’elle étiquetterait les produits de Cisjordanie, déclenchant des critiques féroces en Israël. Israël pense que l’étiquetage discrimine les producteurs juifs et contribue au boycott. Pour sa part, le département d’Etat a au contraire soutenu le mois dernier les directives d’étiquetage de l’Union, et déclaré que l’étiquetage des produits d’implantations n’équivalait pas au boycott.

La Maison Blanche a annoncé jeudi que le président Barack Obama signerait un projet de loi commerciale malgré une disposition qui assimile Israël et les « territoires contrôlés par Israël ».

Une telle formulation, qui signifie que la loi est applicable à Israël et aux implantations, « enfreint la politique de longue date des Etats-Unis vis-à-vis d’Israël et des territoires occupés, y compris vis-à-vis de l’activité d’implantation israélienne, » a déclaré dans un communiqué le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest, quelques heures après l’approbation de la mesure par le Sénat par 75 voix contre 20.

Néanmoins, alors que le président s’opposait à cet aspect particulier de la loi, Earnest a suggéré qu’il l’acceptait, et signait le projet de loi, dans le cadre de la nature du compromis bipartisan. « Comme dans toute législation bipartisane, il y a des dispositions dans ce projet de loi que nous ne soutenons pas », a-t-il déclaré.