L’Etat islamique fonctionnerait avec des cellules dormantes au sud de la Syrie près de la frontière avec Israël, a fait savoir dimanche un porte-parole de l’Armée syrienne libre de l’opposition.

Le porte-parole, parlant au Times of Israel sous couvert d’anonymat – il n’a pas été autorisé à communiquer avec les médias israéliens – a affirmé que quelques-uns des 6 000 combattants islamistes qui ont fui vers le sud, vers les frontières avec Israël et la Jordanie en juillet, appartiennent en fait à l’EI et non pas à Al-Nosra [une filiale d’Al-Qaïda] comme on le croyait auparavant.

Les deux organisations islamistes s’étaient affrontées militairement dans une lutte pour le contrôle du nord la Syrie, riche en pétrole, et dans laquelle l’EI a triomphé. Le Times of Israel ne pouvait confirmer l’information, qui a été récemment transmise par le biais de différentes sources.

Bien que les deux soient opposés au président syrien Bashar el-Assad, l’Armée syrienne libre (ASL), un groupe rebelle plus modéré, et l’Etat islamique ont combattu ensemble en Syrie.

« Il y a des cellules dormantes dans le sud, qui sont cachées. Ils ne font rien militairement parlant » aurait fait savoir le porte-parole de l’EI. « Beaucoup de membres [de l’opposition syrienne modérée] les suivent ».

Selon l’agence de renseignement de l’ASL, les militants de l’EI approcheraient des personnes dans la région, leur offrant des aliments de base ou une aide financière.

« Ils disent : ‘Restez à la maison, personne ne saura que vous êtes là. Au moment où nous aurons besoin de vous, nous vous appellerons’. » Le porte-parole a déclaré que de nombreux habitants avaient refusé les avances de l’EI, mais que cela pourrait changer, compte tenu de la grande pauvreté de la région.

Les prix ont monté en flèche récemment, a-t-il ajouté, avec un litre de carburant diesel qui avoisine les 15 dollars par exemple.

Hayt et Sahem Al-Jawlan sont deux villages où des représentants de l’EI ont fait ce type de propositions. Ils se situent près de la frontière syro-jordanienne, a fait savoir le porte-parole.

« Ils ont été envoyés par l’État Islamique pour contrôler la plus grande partie des terres possible » a-t-il affirmé. « Nous nous opposons à eux de tout notre coeur. Ils n’ont rien à voir avec l’islam, dont ils se servent comme une simple couverture ».

Eyal Zisser, un expert de ​​la Syrie à l’université de Tel Aviv, a déclaré qu’il n’était pas au courant de la présence de l’EI au sud de la Syrie, mais n’a pas été surpris par ces nouvelles informations.

« L’EI cherche à s’implanter partout en Syrie » a-t-il expliqué au Times of Israel. « L’organisation connaît un processus de transformation. D’autres groupes [en Syrie] essaient de s’associer avec lui et lui prêtent serment. Certains le font par peur, tandis que d’autres espèrent pouvoir en tirer profit à l’avenir ».

Zisser doute, cependant, que le groupe extrémiste ait actuellement une présence militaire dans le sud.

Mobilisés contre Assad

Le porte-parole de l’ASL a déclaré que les relations entre son groupe et Al-Nosra, la filiale d’Al-Qaïda vaincue par l’EI au nord de la Syrie, ont été « tendues » et pourraient dégénérer en affrontement armé à tout moment. Pour le moment, cependant, les commandants sur le terrain de l’ASL ont décidé de concentrer leurs capacités militaires limitées sur le régime d’Assad, a-t-il expliqué.

Al-Nosra détient toujours Sharif-as-Safouri, le commandant de l’ASL enlevé en juillet, qui a avoué sur une vidéo sa collaboration militaire avec Israël. Un autre commandant de l’ASL, le colonel Ahmad Al-Nimeh, est retenu captif par Al-Nosra depuis début mai.

L’ASL contrôle actuellement toute la frontière entre Israël et la Syrie, y compris le passage de la frontière de Qouneitra, arraché au régime d’Assad par les forces de l’opposition, y compris Al-Nosra, depuis fin août.

Le régime d’Assad contrôle toujours les zones les moins proches des frontières, entre Qouneitra et Daraa, y compris Tel Al-Hara et As-Sanamayn. Plus à l’est, le régime contrôle la 52ème brigade à Daraa et deux aéroports militaires dans la région.

Un nouveau corps militaire a été formé dans le sud de la Syrie par l’ASL afin d’incorporer 40 unités de combat dans la région de Daraa.

Le porte-parole a déclaré que l’ASL avait entamé des négociations avec les pays donateurs occidentaux pour armer la nouvelle unité, qui sera dirigée par le colonel Ziad Al-Hariri.