Un groupe étudiant de l’université de McGill a reconnu avoir utilisé une propagande antisémite pour empêcher la réélection d’un candidat juif au gouvernement universitaire dans cet établissement d’enseignement supérieur de Montréal.

Lors d’une réunion, le mois dernier, de l’Assemblée générale de la société étudiante de McGill (SSMU), sept étudiants ont été élus au bureau. Mais trois autres – l’un d’entre eux étant un Juif et ancien membre élu et tous connus pour leur positionnement pro-israélien – n’ont pas obtenu de sièges.

« On m’a empêché de participer au gouvernement étudiant en raison de mon identité juive et de mon affiliation auprès d’organisations juives », a déclaré Noah Lew, étudiant en troisième année d’art, sur un post paru sur sa page facebook à l’issue du scrutin.

Lew et des mouvements juifs canadiens ont prétendu que sur le campus, des groupes soutenant la campagne BDS (Boycott, Divestment and Sanctions) contre Israël se trouvaient à l’origine de cette tentative destinée à conserver hors de l’instance universitaire les étudiants pro-israéliens. Igor Sadikov, un étudiant qui s’était fait remarquer en février dernier pour un tweet dans lequel il appelait à « frapper un sioniste », fait d’ailleurs partie de l’une de ces organisations incriminées nommée « Démocratiser SSMU ».

« Démocratiser SSMU » a admis dans un post publié sur Facebook quelques jours après le post que sa campagne pour évincer les étudiants pro-israéliens avait indélicatement utilisé « des tropes antisémites portant sur les Juifs considérés comme corrompus et politiquement puissants », s’excusant « sans réserves ».

Le post a également noté : « Nous nous excusons pleinement pour le mal qu’a causé la campagne. Nous voulons répéter l’idée que l’antisémitisme n’est acceptable nulle part et qu’il est une force réelle et toxique dans notre société et sur notre campus.”

Dans un deuxième post, le groupe a expliqué que : « La politique de BDS ne devrait pas jouer un rôle dans les décisions prises par le Conseil d’administration, ses actions ou l’éligibilité. Ces sujets sont hors de la portée et des compétences de cet organisme non-élu. Néanmoins, Lew, membre actif d’organisations sionistes, n’est pas parvenu à faire la part des choses en tant que directeur. »

Le post a ajouté que le soutien apporté par Lew à une décision du Bureau juridique de la société étudiante qui considérerait le BDS et d’autres mouvement similaires comme inconstitutionnels » a constitué un abus de pouvoir, en empêchant effectivement les efforts de solidarité envers la Palestine sur le campus ».

La principale de McGill, Suzanne Fortier, a expliqué dans une déclaration que l’université s’est attaquée aux « allégations dérangeantes d’antisémitisme » et qu’une « force de travail et une ligne de soutien seront créées pour la communauté du campus ».