La vidéo sur YouTube est intitulée : « Une version pour Noël du Hallelujah de Leonard Cohen qui vous donnera des frissons ! »

« Hallelujah », une des plus populaires compositions du compositeur et interprète Juif canadien, a été écrite en 1984 et est rapidement devenue emblématique. De nombreux crooners l’ont enregistrée, notamment John Cale, Jeff Buckley et Rufus Wainwright – pour ne pas parler de sa reprise dans le film d’animation « Shrek » et l’album de sa bande sonore.

Un des derniers à enregistrer « Hallelujah » est Cloverton, un groupe basé au Kansas qui s’est specialisé dans la musique chrétienne. L’an dernier, il a réécrit les paroles et a publié son propre clip, qu’il a intitulé « Un YouTube » target= »_blank »>Hallelujah de Noël« . Il y a trois semaines, un fan de Cloverton en Irak, Fadi Waleed, l’a reposté avec le titre « qui vous donnera des frissons ».

Je suis tombé sur la version Cloverton en recherchant il y a quelques semaines le « Hallelujah » de Cohen sur YouTube. C’est la version de Waleed qui est arrivée en tête des résultats de recherche. Intriguant, pour le moins.

« J’ai entendu parler de ce petit garçon / Qui est venu sur Terre pour nous apporter la joie / Et je veux juste chanter cette chanson pour vous », commence le soliste Lance Stafford tout en jouant du piano devant un auditoire de personnes assises dans un café, en tenue décontractée.

L’ouverture écrite par Cohen, originaire de Montréal et aujourd’hui âgé de 80 ans, est la suivante :
« Maintenant, je viens d’entendre qu’il y avait un accord secret, / Que David jouait, et qui a plu au Seigneur / Mais vous ne vous intéressez pas vraiment à la musique, n’est ce pas ?  »

Le roi David n’est vraisemblement pas le « petit garçon » qui a inspiré Cloverton. La reprise du groupe fait référence à toute la légende de la naissance de Jésus, avec des paroles mentionnant Bethléem, l’auberge, le foin, la crèche où « est né le fils unique de Dieu », le berger, des anges, une étoile, trois sages, de l’encens et de la myrrhe.

La vidéo a suscité un débat dans la section commentaires de YouTube – 664 commentaires (et 602 340 vues au moment de l’écriture de cet article). La plupart des réactions sont respectueuses, appréciant l’interprétation musicale et sans acrimonie religieuse. Pour : C’est une belle interprétation. Contre : Peut-être, mais il semble trahir l’intention de Cohen, qui avait invoqué le roi David et Samson de la Bible, et non le personnage central du christianisme. Pour : La musique est toujours bien adaptée. Contre : Cloverton a-t-il payé des droits à Cohen ou au moins l’a-t-il contacté pour obtenir sa permission ?

L’internaute Rocky Larson a écrit : « Je tiens à remercier ces jeunes gens pour l’un des cadeaux de Noël les plus touchants et les plus puissants que je n’ai jamais reçus. »

Penny Howard : « Je ne sais pas ce que [Cohen] pense de sa chanson qui a été réécrite pour promouvoir les croyances d’une autre religion. La [version de Cloverton est] un vol pur et simple, qui blesse beaucoup de gens ».

Un autre intervenant a maintenu, peut-être même avec un visage impassible, que « Cette chanson n’a rien de religieux. »

Contacté lundi, Stafford a déclaré à JTA ne pas être au courant du post de Waleed, mais être au courant du débat qui a suivi.

En 2013, poursuit-il, Cloverton a obtenu la permission de Sony-Columbia, la maison de disques de Cohen, de poster sa propre version et, plus tard, de la passer sur des stations de radio. L’enregistrement a été conçu « comme un cadeau à nos fans », sans intention de gagner de l’argent.

Elle est devenue virale, et Sony a retiré son autorisation et enjoint Cloverton à retirer la vidéo, ce que le groupe a fait, poursuit Stafford.

Les quatre membres du groupe se sont depuis « grattés la tête, » dit-il, parce que la direction de l’équipe de Sony et Cohen se renvoient sans cesse l’un à l’autre pour de nouvelles demandes d’autorisation.

Quant au débat sur le contenu religieux, Stafford affirme qu’il n’avait « aucne intention de manquer de respect à Leonard Cohen ».

« Lorsque nous avons réécrit les paroles, j’ignorais même que Leonard Cohen était Juif. Je dirais que la chanson a été écrite par un homme juif, mais ce n’est pas une chanson juive. Si tel avait été le cas, cela aurait été plus évident de ne pas y toucher. Nous ne l’avions pas perçue comme une chanson célébrant la culture juive ou écrite pour les Juifs. »

Il a ajouté : « Je serais navré d’apprendre que Leonard Cohen, en entendant la chanson, y ait vue une atteinte à son héritage juif, parce que ce n’était nullement notre intention. »

Regardez ci-dessous et jugez par vous-même :