Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a déclaré mardi qu’il reconsidérerait la décision de réintégrer un haut responsable de police accusé de harcèlement sexuel, après une décision de la Haute Cour.

Erdan a déclaré que la décision du tribunal de lundi était une « décision équilibrée qu’ils étudieraient » ajoutant que la police allait « la respecter ».

Les trois juges n’ont pas demandé le renvoi du chef de la surveillance anti-corruption Lahav 433, le général Roni Rittman, mais ils ont décidé à l’unanimité que la décision d’Alsheich de le réintégrer en 2015, malgré les allégations d’agression sexuelle, « ne pouvait pas tenir ».

La décision a été rendue en réponse à une requête de l’une des victimes présumées de Rittman, une femme qui a adressé une requête à la Haute Cour pour protester contre sa réintégration.

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, s’exprime lors d’un entretien avec l’Associated Press dans son bureau de Bnei Brak, le 26 octobre 2017. (AP Photo / Ariel Schalit)

Alsheich a pris ses fonctions de chef de la police en décembre 2015. L’une de ses premières décisions a été de renvoyer le major général Roni Rittman à la tête de l’organisme de surveillance anti-corruption Lahav 433, malgré les allégations.

Rittman, 53 ans, a été accusé de deux cas de harcèlement sexuel en 2011, notamment en embrassant une subalterne féminine contre son gré. Il avait nié les allégations et avait déclaré qu’un officier supérieur de l’unité de renseignement de la police israélienne essayait de le piéger. En 2015, au cours de l’enquête, Rittman a été mis en congé obligatoire.

Le procureur général de l’époque, Yehuda Weinstein, avait décidé de ne pas engager de poursuites pénales contre Rittman en raison de la longue période écoulée depuis les infractions présumées, de la nature relativement mineure des infractions et des circonstances entourant le dépôt de la dernière plainte. Une policière et un officier supérieur des services du renseignement qui l’ont soutenu ont été impliqués dans un différend avec Rittman.

Mais Weinstein avait transmis le témoignage à Alsheich pour lui demander si des mesures disciplinaires devaient être prises; le commissaire de police avait alors décidé de le réintégrer. Le quotidien Haaretz avait rapporté à l’époque que le commissaire de police avait dit à des associés qu’il « n’avait pas besoin de le sacrifier [Rittman] ».

La décision de lundi indiquait que la décision d’Alsheich « n’a pas donné un poids approprié et raisonnable à la preuve existante concernant la plainte de l’agent (contre Rittman) et que, par conséquent, il n’y avait pas de base factuelle suffisante pour la conclusion. »

Roni Alsheich sur les lieux d’un attentat perpétré dans l’implantation de Har Adar, le 26 septembre 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Cependant, les juges ont déclaré qu’Alsheich avait le droit de choisir les mesures administratives « appropriées compte tenu des circonstances ».

Erdan a défendu la décision d’Alsheich, disant à la radio israélienne que l’officier féminin qui avait accusé Rittman avait seulement choisi de faire les allégations après qu’elle soit entrée dans un conflit séparé avec un autre officier. Il a également dit qu’il y avait plusieurs contradictions dans l’histoire de la victime qui a conduit Alsheich à le réintégrer en tant que chef de l’unité Lahav 433.

Au cours des dernières années, il y a eu une série d’affaires d’inconduites sexuelles impliquant des policiers de haut rang, dont beaucoup ont été forcés à prendre leur retraite en raison des allégations portées contre eux. En tout, près de la moitié des grands généraux de la police israélienne – le plus haut rang en dessous du commissaire de police – ont été accusés de tels abus, et beaucoup d’entre eux ont démissionné.