Un homme a été arrêté à Yehud, dans le centre du pays, pour avoir menacé d’immoler par le feu son médecin, une menace qui vient faire écho au meurtre d’une infirmière survenu le mois dernier dans un établissement hospitalier HMO.

Le suspect de 43 ans a été arrêté vendredi après être précipitamment entré dans une salle d’examen, exigeant que la femme médecin en service à ce moment-là le prenne en charge immédiatement, selon des articles parus dans les médias israéliens.

La femme lui demandant de quitter la pièce et d’attendre son tour, l’homme s’est mis en colère et a vivement élevé la voix. Il a alors menacé de mettre le feu à la clinique HMO de Yehud alors que la praticienne se trouverait à l’intérieur.

Des agents de sécurité de la clinique ont rapporté cet incident à la police, qui a arrêté l’homme à son domicile, a fait savoir Ynet. Une audience de placement en détention préventive devait avoir lieu samedi soir.

L’incident survient moins de quatre semaines après qu’un patient âgé mécontent a immolé mortellement une infirmière dans un établissement hospitalier de Holon.

Ce meurtre a suscité une onde de choc dans le pays. Des employés des secteurs israéliens de la santé, de l’éducation et des services sociaux ont lancé un mouvement de grève pour protester contre les actes de violence récents à l’encontre des personnels.

Les responsables du secteur de la santé affirment que les actes de violence contre les médecins et autres salariés, de la part de patients en colère et des membres de leur famille, sont devenus un problème chronique en Israël.

Selon les chiffres officiels du gouvernement, il y a eu 3 000 actes de violences ou d’abus rapportés contre les personnels de santé dans les hôpitaux, les cliniques ou les services d’urgence entre 2014 et 2016.

Approximativement 75 % de ces attaques sont des agressions verbales. Un quart consistent en des agressions physiques contre les personnels médicaux ou les agents de sécurité. Les trois-quarts des incidents se sont déroulés dans les hôpitaux et en particulier dans les services d’urgence.

La Knesset a convoqué une session d’urgence sur la violence sur les lieux de travail suite à la tragédie, tandis que les personnels des hôpitaux et des cliniques de tout le pays ont organisé des veillées en commémoration de l’infirmière.

Lors du drame survenu à Holon, les témoins ont expliqué avoir vu Asher Faraj, 77 ans, asperger sa clinique locale avec un liquide inflammable et y mettre le feu, causant la mort de Tova Kararo, une infirmière de 55 ans.

Selon des informations, Faraj était furieux, le vaccin contre la grippe qu’on lui avait administré l’avait rendu faible et souffrant. Faraj a expliqué à la Deuxième chaîne qu’il avait pensé avoir été empoisonné.

Tova Kararo, une infirmière tuée par un patient le 24 mars 2017. (Crédit : Facebook)

Tova Kararo, une infirmière tuée par un patient le 24 mars 2017. (Crédit : Facebook)

Des membres du personnel ont expliqué que Faraj était revenu à la clinique quotidiennement depuis son vaccin pour faire part de sa colère au personnel et qu’il avait refusé de les croire lorsqu’ils lui avaient expliqué qu’il ne subissait que des effets secondaires ordinaires à son injection.

Après son arrestation, la police a indiqué que Faraj avait été dans un premier temps incapable d’expliquer ce qu’il avait fait. Mais plus tard, durant un interrogatoire, il aurait déclaré aux enquêteurs : « Je ne voulais faire de mal à personne – simplement jeter une bouteille en feu ».

Ses avocats ont dit aux autorités que Faraj souffre d’une maladie psychiatrique non spécifiée et que sa famille l’avait déjà fait soigner dans le passé.

Le tribunal des magistrats de Tel Aviv a décidé, le mois dernier, de conserver Faraj en détention provisoire dans l’attente d’une évaluation psychiatrique.

Asher Faraj au tribunal des magistrats de Tel Aviv le 15 mars 2017 (Crédit : Flash90)

Asher Faraj au tribunal des magistrats de Tel Aviv le 15 mars 2017 (Crédit : Flash90)