David Eran a été condamné mardi à 20 ans de prison pour le meurtre brutal d’Hili Sobol, 18 ans, à la demande de sa petite amie, la jumelle jalouse de la victime.

La condamnation de la cour du district de Tel Aviv a été prononcée après un accord judiciaire qui a vu Shiri Sobol, la jumelle de Hili, condamnée à six ans de prison pour son rôle dans le meurtre effroyable, au cours duquel Eran a poignardé la victime plus de 130 fois dans les escaliers de l’immeuble où vivait la famille, le 18 février 2016.

Shiri Sobol avait développé une « haine intense » envers sa sœur après une série de disputes et le retour de Hili d’un pensionnat, elle avait encouragé Eran à la tuer, avait appris la cour.

Shiri Sobol avait initialement été elle aussi accusée de meurtre, mais après l’accord, qu’elle et Eran ont avoué, elle a seulement été accusée d’avoir demandé à Eran qu’il inflige des blessures. La condamnation d’Eran a elle aussi été réduite.

L’accord a été conclu quand la mère des jumelles a demandé à la cour d’être clémente. Eran devra également payer 250 000 shekels de dommages et intérêts à la mère de Sobol.

David Eran devant la cour du district de Tel Aviv, le 29 juin 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

David Eran devant la cour du district de Tel Aviv, le 29 juin 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Entre juillet 2015 et le moment du meurtre, Shiri Sobol avait envoyé des messages à Eran exprimant son antipathie envers Hili avec des phrases telles que : « c’est bon, j’en ai marre de vivre ici avec cette folle » ou « c’est difficile pour moi de vivre comme ça alors qu’elle est ici à la maison. Ce n’est pas sa maison, elle devrait sortir de ma vie. »

Shiri avait même esquissé des scénarios dans lesquels elle souhaitait la mort de Hili, avait précisé le procureur.

« J’espère qu’elle est déjà morte », aurait-elle écrit, ainsi que « si seulement un Arabe ou un terroriste l’avait poignardée ». Elle a également écrit à Eran que Hili voulait qu’elle rompt avec lui, et que sa sœur l’avait menacée de demander à ses amis de lui faire du mal si Shiri refusait. Ainsi, l’idée de se débarrasser de Hili a été implantée dans la tête d’Eran, avait expliqué le parquet.

Shiri et Eran auraient planifié le meurtre plusieurs mois à l’avance et – selon l’acte d’accusation – auraient même effectué deux tentatives infructueuses.

Le jour du meurtre, Eran a pris deux couteaux et des vêtements de rechange, expliquait le procureur. Shiri a prévenu Eran que Hili était à la maison, puis il s’est rendu dans la cage d’escalier de l’immeuble, a mis ses gants et a rencontré Hili devant l’appartement, où il l’a poignardée plus de 130 fois sur tout le corps. Et tout cela avec l’accord de Shiri, qui a même observé le meurtre, indiquait le procureur.

Hili Sobol, 18 ans. Photographie non datée. (Crédit : Facebook)

Hili Sobol, 18 ans. Photographie non datée. (Crédit : Facebook)

Environ quatre minutes après le meurtre, Shiri a appelé la police pour signaler que sa sœur avait été poignardée par un inconnu, apparemment un Arabe. Elle a passé l’appel pendant qu’Eran était dans l’appartement, en train de nettoyer le sang de ses vêtements et de se changer. Shiri a caché les vêtements ensanglantés et les couteaux, et quand la police est venue, elle a dit qu’un Arabe avait poignardé sa sœur.

Pendant tout ce temps, Eran était caché dans la chambre de la mère des jumelles, que Shiri avait fermée. Elle a dit à la police qu’ils ne pouvaient pas entrer dans cette chambre. Alors que les policiers étaient encore dans l’appartement, elle a envoyé un texto à Eran pour coordonner leurs versions des faits et lui a dit de dire à la police qu’un Arabe avait poignardé Hili et qu’il avait essayé de l’aider. À un moment donné, les officiers ont eu des soupçons, et ils ont trouvé et arrêté Eran.

Selon l’acte d’accusation, après son arrestation, Eran a dit à un autre détenu dans le fourgon de police et dans une salle de détention au tribunal qu’il avait commis l’assassinat qu’il a décrit en détails, a ajouté le parquet. Il a également révélé que le couple avait planifié le meurtre au cours des mois et avait même essayé et échoué de la tuer à trois reprises. Lorsque le même détenu a rencontré Shiri Sobol et lui a demandé pourquoi elle avait assassiné sa sœur, Sobol aurait répondu : « maintenant, je vais avoir la paix. »

Sue Surkes a contribué à cet article.