Dans une décision établissant une jurisprudence sans précédent mercredi, l’institut national des assurances en Israël a reconnu comme une victime de la terreur un Palestinien de Jérusalem-Est qui a perdu un œil après avoir été touché par des tirs de la police israélienne avec une balle en acier recouverte de mousse.

La décision devrait ouvrir la voie à des dizaines de Palestiniens de l’est de la ville qui souhaiteraient également faire reconnaître qu’ils sont aussi victimes de la terreur, a rapporté le journal Haaretz.

Luai Abed, âgé de 37 ans, a été touché par une balle quand il est allé sur son balcon au deuxième étage de sa résidence dans le village d’Issawiya en octobre 2015 après avoir entendu des bruits d’affrontements entre la police et de jeunes Palestiniens.

Touché au visage, il a été victime de blessures graves, dont la perte d’œil, des dommages graves à la douille oculaire et aux os du nez.

Même si Abed n’a jamais été un suspect et n’a jamais été interrogé dans le cadre de l’enquête pour cet incident, la police à un poste de contrôle a arrêté l’ambulance qui l’emmenait aux urgences pour avoir des précisions sur son identité et l’a suivi à l’hôpital.

Photo illustrative d'un manifestant palestinien brûlant des pneus lors d'affrontements avec les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie le 10 octobre 2015 (Crédit photo: Abbas Momani / AFP)

Photo illustrative d’un manifestant palestinien brûlant des pneus lors d’affrontements avec les forces de sécurité israéliennes en Cisjordanie le 10 octobre 2015 (Crédit photo: Abbas Momani / AFP)

Les efforts de l’avocat d’Abed, Eitay Mack, pour que la police ouvre une enquête n’ont donné aucun résultat. L’unité d’enquête de la police a clôturé le dossier en un court laps de temps, l’appel n’a pas abouti et la police de Jérusalem a refusé de reconnaître Abed comme une victime de la terreur, a poursuivi l’article.

L’institut national des assurances, qui paie des prestations d’invalidité, a d’abord affirmé que les perturbations publiques n’étaient pas équivalentes à la terreur en vertu de la loi — une allégation que Mack a rejetée dans son appel, en disant que si le demandeur avait été juif, il aurait été reconnu en tant que victime de la terreur.

Hier, l’institut nationale des Assurances a reconnu Abed comme étant à 40 % handicapé et que donc cela ouvrait la voie aux prestations en tant que victime de la terreur.

Dans le passé, plusieurs Palestiniens ont réussi à se faire reconnaître comme victimes de la terreur.

La signification de cette affaire est que, après plusieurs années au cours desquelles le ministère de la Défense et l’institut national des Assurances ont fait la différence entre les troubles publics et la terreur, ils reconnaîtront maintenant comme des victimes du terrorisme, des Palestiniens qui ont été touchés par des tirs des forces de sécurité israéliennes pendant des émeutes dans lesquelles ils n’étaient pas impliqués.

Mack a déclaré au Times of Israël qu’il demanderait maintenant la reconnaissance du statut de victime de la terreur dans deux autres cas. Il a déclaré que d’autres avocats presse présenteraient également des demandes de reconnaissance de statuts de victime de terrorisme. Tout le monde attendait de voir les résultats de l’appel d’Abed.

L’institut national des Assurances est responsable du versement des prestations à Jérusalem-Est, une partie d’Israël selon la loi israélienne. En Cisjordanie, différents arrangements s’appliquent.

Les balles d’acier recouvertes de mousse introduites par la police en juillet 2014 ont tué deux adolescents palestiniens et grièvement blessé des dizaines d’autres, généralement des adolescents et des enfants qui sont les piliers des manifestations de rue, a déclaré Haaretz.

Mais à ce jour, aucun acte d’accusation n’a été déposé contre la police dans le cadre de ces incidents à Jérusalem-Est.

La réglementation de la police stipule que les agents ne peuvent tirer des balles enduites de mousse que pendant les perturbations. Ils ne peuvent pas tirer sur les enfants et, dans tous les cas, doivent viser le bas du corps.

Dix jours après qu’Abed a été touché par ces balles, Mazen et Nadia Abu Hummus ont été victimes de blessures après que des tirs provenant d’un véhicule de patrouille de police ont brisé la fenêtre du premier étage à côté de laquelle ils se tenaient, avait indiqué Haaretz à l’époque.