Un site palestinien a déclaré dimanche que le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman a récemment rencontré Mohammed Dahlane, ancien responsable de l’Autorité palestinienne et amer rival du président de l’AP Mahmoud Abbas, à Paris.

Le rapport nommant Liberman a été publié sur le site arab48 quelques heures seulement après que le Times of Israel a révélé qu’un ministre israélien a récemment tenu plusieurs réunions avec Dahlane.

Dahlan, un opposant de longue date d’Abbas, qui a été expulsé de son parti, le Fatah, en 2011, est considéré comme un candidat légitime par certains Palestiniens et dirigeants de l’OLP au poste de président. Abbas est au pouvoir depuis 2005.

Dahlane était en charge du portefeuille de la sécurité intérieure et était le chef des importantes forces de sécurité de la bande de Gaza. Il est tombé en disgrâce en juin 2007, lorsque le Hamas a évincé le Fatah de Gaza après plusieurs jours de combats de rue féroces. Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi est l’un des puissants amis de Dahlane.

Quand Abbas a été informé des rencontres, l’AP a demandé à de hauts responsables israéliens si elles avaient été autorisées par le gouvernement israélien ou reflétaient sa politique, ont indiqué les sources.

En réaction, Netanyahu a informé Abbas qu’il n’avait nullement autorisé les réunions, et que le gouvernement israélien y était opposé, selon les sources.

La réponse de Netanyahu a été transmise par Yoram Cohen, chef du Shin Bet, l’agence de sécurité intérieure israélienne, lors d’une rencontre avec Abbas à Ramallah le 26 novembre dernier.

Le bureau du ministre israélien a nié les faits avec véhémence, de même que l’ancien responsable palestinien.

Dahlane a déclaré au Times of Israel que ces fausses informations avaient été fuitées par des politiciens israéliens qui voulaient faire les gros titres en amont des prochaines élections législatives en mars.

Le Bureau du Premier ministre israélien et le Shin Bet ont refusé de commenter.

Dahlane a annoncé samedi qu’il avait formé un front uni d’opposition à Abbas, suite à l’échec de celui-ci dans ses initiatives de reconnaissance auprès du Conseil de sécurité des Nations unies.

Dahlane a déclaré à Sky News en arabe dans une interview que le dernier effort diplomatique palestinien à l’ONU dirigé par Abbas était « une catastrophe ». Il a déclaré que les institutions gouvernementales palestiniennes n’étaient pas impliquées dans le processus de prise de décision.

« La majorité de la population palestinienne s’oppose à la proposition présentée par [Abbas] devant le Conseil de sécurité », a affirmé Dahlane. « C’était une décision hâtive et irresponsable qui n’a pas le consensus des Palestiniens. »

« La proposition a été modifiée à plusieurs reprises sans consultation des décideurs. Cette décision constitue une nouvelle catastrophe pour les relations avec Israël, et apportera honte et destruction à la question palestinienne. »

Le Conseil de sécurité a voté mardi contre la résolution, qui appelle à la reconnaissance d’un Etat palestinien et au retrait des forces israéliennes à la fin de 2017.

En juin 2011, Dahlan a été expulsé du corps dirigeant du Fatah et a perdu son immunité parlementaire suite à des allégations de corruption financière et d’assassinat.

En mai dernier, un tribunal de Cisjordanie a condamné Dahlane, qui réside aux Emirats arabes unis, à deux ans de prison – lui interdisant à jamais de se présenter à des élections générales ou présidentielles.

AFP a contribué à cet article.