Le Centre Simon Wiesenthal, que ce célèbre chasseur de nazis a fondé, a demandé mardi Berlin la création d’une vigie de l’antisémitisme en Allemagne, puis en Europe, afin de coordonner la lutte après plusieurs dérapages dans le sillage du conflit israélo-palestinien.

« Nous demandons » à l’Allemagne « la création d’un ‘envoyé spécial’ sur les questions d’antisémitisme qui serait rattaché à la chancellerie », a déclaré au cours d’une conférence de presse Abraham Cooper, du Centre Simon Wiesenthal de Los Angeles.

Cooper a invoqué le modèle américain du bureau de lutte contre l’antisémitisme, rattaché au département d’Etat et actuellement dirigé par Ira Forman, qui a le titre de « special envoy ».

« Dans un second temps, et en raison du rôle de plus en plus central de l’Union européenne », Cooper a suggéré que Berlin porte cette idée à Bruxelles afin qu’un autre poste comparable soit créé pour remplir cette tâche, cette fois au niveau européen.

« Nous demandons » qu’une instance soit « uniquement focalisée sur les questions d’antisémitisme », ce qui ne revient pas à dénigrer des problèmes comme les discriminations à l’encontre des Roms et l’islamophobie, a-t-il insisté.

Évoquant la résurgence de l’antisémitisme en Europe et en Allemagne, où plusieurs slogans antisémites ont été scandés au cours de manifestations hostiles à l’intervention israélienne à Gaza, Cooper a mis en exergue plusieurs facteurs, comme l’islamisme radical, très actif sur internet et les réseaux sociaux, ainsi qu’un « ‘anti-israélisme' » de plus en banalisé.

Le gouvernement allemand devrait procéder à « une étude afin de comprendre cette dynamique », a-t-il suggéré.

Cooper a en outre enjoint Berlin à émettre un mandat d’arrêt contre Abu Bilal Ismail, un imam radical sous le coup d’une enquête de la justice allemande pour avoir lancé en juillet dans un prêche à l’intérieur d’une mosquée de la capitale allemande des appels à l’extermination des juifs.

Lundi, au lendemain d’une manifestation contre l’antisémitisme à laquelle a participé la chancelière Angela Merkel, le Congrès juif mondial (WJC), qui a de dimanche à mardi la première réunion de son histoire à Berlin, a déploré de son côté dans une résolution que plusieurs pays européens ne respectent pas les textes internationaux dans la lutte contre l’antisémitisme.

Mardi, des membres du WJC se sont recueillis au mémorial « Gleis 17 » (« Quai 17 »), à l’ouest de Berlin d’où ont été déportés 56 000 juifs berlinois à partir d’octobre 1941.